Burqa : le gouvernement divisé

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Burqa : le gouvernement divisé
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Alors que Luc Chatel n’exclut pas de légiférer, Eric Besson juge qu'une loi génèrerait des tensions. Nicolas Sarkozy s'exprimera lundi.

Le débat sur la burqa a été relancé par un groupe de députés mais le gouvernement reste très prudent. Son porte-parole, Luc Chatel, a indiqué vendredi qu’il n’excluait pas une loi sur ce voile porté par certaines femmes musulmanes et qui ne laisse apparaître que leurs yeux. Tout en posant immédiatement des conditions. Il faut d’abord "mesurer l'ampleur du phénomène et ensuite prendre les décisions qui s'imposeront", a-t-il précisé. Autre donnée importante : vérifier que le port de la burqa est "subi", ce qui serait "contraire aux principes républicains".

Au plus haut sommet de l'Etat, aucune ligne directrice officielle n'a été fixée. Nicolas Sarkozy a indiqué vendredi qu'il s'exprimerait sur la question lundi prochain, devant les parlementaires réunis en Congrès à Versailles.

Sur la méthode, Eric Besson, le ministre de l'Immigration, a mis en garde vendredi sur Europe 1 : "il faut lutter contre le développement de la burqa, ça ne fait pas l’ombre d’un doute mais il faut le faire par l’éducation, par la pédagogie, par le dialogue. Une loi serait inefficace et créerait des tensions qui n’ont pas lieu d’être en ce moment."

Sur le voile, en France, "nous sommes déjà allés très loin", a assuré Eric Besson au micro d'Antonin André pour Europe 1 :



La ministre la plus en pointe sur le sujet a été, jusque là, Fadela Amara. "Il faut que le débat actuel débouche sur une loi qui protège les femmes", avait exigé jeudi la secrétaire d'Etat à la Ville. Elle s’est dit "favorable à l'interdiction totale de la burqa dans notre pays", qualifiant le voile intégral de "cercueil qui tue les libertés fondamentales". Michèle Alliot-Marie s'est contentée, de son côté, de poser le cadre du débat : il faut savoir "ce qui relève de la liberté" des femmes et "ce qui leur est imposé et qui doit être combattu", a déclaré la ministre de l'Intérieur et des Cultes.

"Je demande qu'on essaie de réfléchir de la manière la moins simpliste possible. Si une loi interdit la burqa, ces femmes auront toujours la burqa mais elles resteront chez elles, on ne les verra plus", a mis en garde, pour sa part, la socialiste Martine Aubry.

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