Burkini : Manuel Valls "se transforme en pyromane", dénonce Noël Mamère

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Interrogé sur la polémique autour du burkini, le député écologiste s'est dit "atterré de voir dans quel niveau d'indigence le débat politique a sombré", dimanche soir sur Europe 1. 

INTERVIEW

Le débat sur le burkini s'est poursuivi ce week-end, après la décision du Conseil d'Etat de suspendre l'arrêté exigeant une tenue "correcte" pour se baigner à Villeneuve-Loubet. Alors que plusieurs voix à droite réclament une loi interdisant cette tenue de bain islamique très couvrante, Bernard Cazeneuve a jugé qu'un tel texte serait "inconstitutionnel". Invité de l'émission "100 % politique" d'Europe 1, dimanche soir, le député de Gironde Noël Mamère s'est dit "atterré" par cette polémique. 

"Des images terrifiantes". "Je suis atterré de voir dans quel niveau d'indigence le débat politique a sombré", a déploré le député écologiste, évoquant "des images terrifiantes de ces policiers qui mettent à genoux une femme en lui demandant de se dévêtir de son foulard", "qui font de la France la risée du monde". Mais Noël Mamère s'est dit "encore plus choqué" par la réaction de Manuel Valls, qui a déclaré que la décision du Conseil d'Etat n'épuisait "pas le débat", vendredi. "Qui est le garant du droit dans ce pays ?", a interrogé l'ancien candidat à l'élection présidentielle. "Les magistrats sûrement, mais il y a aussi les politiques qui ont un rôle à jouer, qui doivent savoir que le droit contribue à civiliser la société, à la pacifier."

"La gauche aux abysses". "Le Premier ministre se transforme encore une fois en un pyromane, pour construire son destin politique en faisant peu de cas du droit, qui pourtant est là pour nous protéger des populistes de tous poils que l'on vient d'entendre pendant toute la semaine", a estimé Noël Mamère. Quant à une éventuelle loi "anti-burkini", il s'agirait d'"une loi de circonstance, une loi sous la tyrannie de l'émotion, une loi qui ne servira à rien", a jugé le député écologiste, pour qui "après le coup de la déchéance de nationalité, on peut dire que la gauche est descendue aux abysses."