Burkini : "impossible de légiférer", estime Frédéric Lefebvre (LR)

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Burkini : "impossible de légiférer", estime Frédéric Lefebvre (LR)
@ ERIC PIERMONT / AFP
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L'ancien secrétaire d'Etat se désolidarise de l'appel des Républicains pour une loi anti-burkini à la rentrée.

Frédéric Lefebvre, ancien secrétaire d'Etat et candidat à la primaire de la droite, a jugé samedi "impossible de légiférer" contre le "burkini", et appelé à ne pas nier "la part musulmane de l'identité française".

Une loi, impossible à rédiger. "Je crains que ce débat n'aboutisse qu'à faire croire à un certain nombre de gens qu'une loi va régler le problème. Dans les conditions actuelles, une loi est impossible à rédiger", a affirmé Frédéric Lefebvre, qui s'exprimait devant quelques journalistes après un discours lors du Campus des Jeunes Républicains au Touquet, dans le Pas-de-Calais. "La bonne question, ce n'est pas de savoir s'il faut une loi ou pas, la bonne question c'est peut-on faire une loi ? Quelle loi on fait ? Sur le voile à l'école, on a trouvé un équilibre qui nous a fait interdire la croix et la kippa dans l'école. Sur la burqa, ce n'est pas la burqa qu'on a interdite, c'est de se couvrir le visage… Là, qu'est-ce qu'on va interdire aux autres religions, aux sports nautiques ?", s'est interrogé le député des Français de l'étranger.

Une pique pour Nicolas Sarkozy et Alain Juppé. Frédéric Lefebvre s'est aussi inquiété de ceux qui "veulent nier" la "part musulmane de l'identité française au risque de provoquer une explosion de la société française". "Ce serait un malheureux raccourci de l'histoire que d'envoyer à nos compatriotes musulmans le message qu'ils ne peuvent faire partie intégrante de l'identité française, eux qui voient leurs frères subir dans le monde entier les diktats de l'Etat islamique, des salafistes et autres sectes rétrogrades, et qui, par la lâcheté de notre République, les subissent eux-mêmes dans nos villes et nos villages de France", a aussi insisté Frederic Lefebvre. "Efforçons nous de ne pas opposer l'identité heureuse et la défense de notre identité", a-t-il aussi dit, dans une claire référence aux discours respectifs des deux favoris de la primaire, Alain Juppé et Nicolas Sarkozy.