Bureaux de vote: pas de fermeture unique à 20h
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La Commission de contrôle de la campagne le recommande, le gouvernement s'y refuse.

Pour éviter d'éventuelles fuites, c'est sans doute la solution la plus simple. La Commission de contrôle de la campagne a recommandé lundi la fermeture de tous les bureaux de vote à 20h00 le 6 mai prochain. Une proposition qu'a refusé le gouvernement.

Le gouvernement refuse

L'objectif est d'éviter que des médias ne publient des résultats avant l'heure légale, comme cela a été le cas au 1er tour. La justice est même en train de plancher sur ces dossiers.

"Pour tirer les conséquences de cette situation, et pour éviter que le résultat du second tour de l'élection présidentielle ne soit divulgué avant la clôture du scrutin, la Commission nationale de contrôle recommande, afin de garantir le droit de chaque électeur à la libre expression de son suffrage, que soit fixée à 20 heures le 6 mai prochain la fermeture de l'ensemble des bureaux de vote de métropole", a-t-elle annoncé.

"On ne change pas les règles du jeu entre deux tours d'une même élection", a répondu lundi le ministère de l'Intérieur pour justifier qu'il "ne suivra pas" par les recommandations de la Commission.

Une modification d'un décret nécessaire

Pour rendre cette décision effective avant le second tour, Il faudrait modifier le décret de convocation des électeurs du 22 février 2012, c'est-à-dire prendre un autre décret en conseil des ministres signé par le président de la République et contresigné par le Premier ministre, précise la Commission. Or, deux conseils des ministres sont programmés avant le second tour.

Si un décret était pris, il empêcherait la réalisation d'estimations, mais les instituts pourraient toujours réaliser des sondages dits de "sortie des urnes", consistant à interroger à la sortie des bureaux de vote les électeurs de bureaux-test, procédure à laquelle les instituts ont renoncé au premier tour.  

Le débat sur la publication des résultats avant 20 heures a été relancé jeudi dernier sur Europe 1 par Nicolas Sarkozy. Le président-sortant avait confié à propos de ces fuites : "Non franchement, ça ne me choque pas","le monde est devenu un village". "Ne recréons pas une ligne Maginot", avait-il expliqué, estimant que la France a, en la matière, "des règles qui sont parfois un peu datées. Tout le monde le sait. C'est une forme d'hypocrisie".