Bruno Le Maire : "la France devrait déployer des troupes au sol" contre l'Etat islamique

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Le député LR de l'Eure a plaidé pour l'envoi de troupes au sol "en nombre limité", lundi sur Europe 1.

INTERVIEW

François Hollande annoncera-t-il lundi, lors de sa conférence de presse, une extension des frappes contre le groupe Etat islamique à la Syrie ? Bruno Le Maire le souhaite. "Nous devons frapper Daech (acronyme arabe de l'Etat islamique, ndlr) en Syrie et nous devons nous débarrasser de cette menace directe pour la France, car Daech cible la France", a plaidé le député Les Républicains de l'Eure au micro de Thomas Sotto, lundi sur Europe 1. "Je pense que c'est absolument indispensable pour éliminer la menace terroriste qui pèse sur nous et qui ne cesse de s'étendre".

Bruno Le Maire souhaite "un mandat des Nations unies". Pour lui, "c'est à la France de passer à l'offensive au Conseil de sécurité des Nations unies pour obtenir cette résolution". "C'est la France qui doit prendre l'initiative d'une coalition internationale qui devra associer en priorité des Etats de la région : l'Egypte, la Jordanie, la Turquie, les Emirats arabes unis, l'Arabie saoudite", a-t-il poursuivi.

Des troupes au sol "en nombre limité". "Bien entendu, il n'est pas question que la France déploie des milliers d'hommes sur le terrain", a tempéré Bruno Le Maire. Toutefois, "la France, pour être légitime, devrait elle aussi déployer en nombre limité des troupes au sol", a-t-il affirmé, sans vouloir donner de chiffre. Une position sur laquelle les différents ténors de droite sont en désaccord. Ainsi, Alain Juppé et François Fillon se sont opposés à une intervention au sol. "Il me paraît parfaitement légitime, sur un sujet aussi difficile et grave, où la vie de nos hommes est en jeu, qu'il puisse y avoir des positions différentes", a reconnu Bruno Le Maire. "Mais le sang français a déjà coulé", a-t-il fait valoir. "Nous avons déjà été les victimes des terroristes".

Bruno Le Maire était en 2003 le collaborateur de Dominique de Villepin, alors ministre des Affaires étrangères, qui s'était opposé à une intervention militaire en Irak. Mais pour lui, la situation actuelle n'est pas comparable. "L'Irak de 2003 n'était pas une menace pour nous. Daech en 2015 est la menace la plus importante qui pèse sur notre sécurité et sur la vie de centaines de milliers de réfugiés", a-t-il expliqué.

"C'est une guerre pour nos valeurs, pour la liberté, pour le respect", a martelé l'ancien ministre de l'Agriculture. Toutefois, pour lui, "la guerre ne résout pas le problème, la guerre élimine la menace". Bruno Le Maire, qui souhaite aussi "ouvrir une perspective politique", a demandé à François Hollande de "convoquer une conférence internationale" pour "réfléchir à l'avenir de la Syrie et du Moyen-Orient".