Brexit : l'immigration et Calais au cœur de la campagne

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Jeudi, les Anglais se prononceront sur leur maintien dans l'UE. La question de l'immigration et de Calais, au cœur des préoccupations de beaucoup de citoyens, pourrait jouer un rôle décisif. 

A deux jours du référendum sur le Brexit, les derniers sondages annoncent toujours un résultat très serré. Et parmi les thèmes qui peuvent faire la différence se trouve l'immigration. 

"L’Europe laisse passer tout le monde". En effet, Calais n'est qu'à une trentaine de kilomètres à vol d'oiseau des côtes anglaises. A Folkestone, un petit port un peu décrépi du sud de l'Angleterre, débarquent parfois les embarcations de passeurs. Au pub de la petite ville, le sujet est éruptif: "Ils ne contrôlent plus rien" s'énerve un retraité . "L'Europe laisse passer tout le monde", ajoute sa femme. 

Surfer sur les peurs. "Les gens ont peur. Tous les soirs aux infos, on voit ces milliers et ces milliers de personnes qui fuient la Syrie, l'Iran, l'Irak. On ne peut pas s'occuper de tous les problèmes du monde, ça suffit, il faut que ça change !", tonne le patron du pub qui votera pour la sortie de l'Angleterre de l'Union européenne. La campagne favorable au Brexit a largement surfé sur ces peurs, oubliant d'ailleurs de rappeler que la Grande-Bretagne a toujours gardé la main sur ses frontières et, pire, qu'un Brexit pourrait même déplacer le problème sur le sol anglais.

La menace de Macron. La France a menacé par la voix d'Emmanuel Macron de ne plus du tout s'occuper de la gestion des migrants au départ de Calais pour l'Angleterre, en cas de Brexit. "S'il y a Brexit, Dieu seul sait ce qui se passerait. Pour le moment, on a des postes de migration à Calais. Mais on ne voudrait pas les avoir à Douvres, ce serait une confusion totale", explique un Anglais pro-européen, qui tracte dans la rue pour le maintien de son pays dans l'Union européenne.

Les Européens convaincus ont bien du mal à déjouer les contre-vérités. Ils peinent à convaincre les classes populaires de cet ancien pays minier et les personnes âgées des zones rurales, encore nostalgiques du bon vieux temps de l'empire britannique.