Bettencourt : Joly tacle Courroye

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Bettencourt : Joly tacle Courroye
@ EUROPE 1
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"L’enquête ne peut pas aboutir dans le cadre d’une enquête préliminaire", a estimé l’ex-magistrate.

Depuis plusieurs jours, Philippe Courroye, procureur de Nanterre en charge de plusieurs enquêtes dans l’affaire Bettencourt, est dans le viseur d’Eva Joly. "L’enquête ne peut pas aboutir dans le cadre procédural actuel", a lancé l’ancienne juge d’instruction vendredi sur Europe 1. "Les enquêtes compliquées qui nécessitent des investigations à l’étranger ne peuvent pas être fait dans le cadre d’une enquête préliminaire, utilisée par le procureur Courroye."

"Arrogance et brutalité"

"Qui est propriétaire de l’île d’Arros ? Il ne peut pas, à parti de son enquête de Nanterre, le trouver. Il va falloir envoyer une commission rogatoire au Liechtenstein, aux Seychelles. Et les commissions rogatoires internationales, seuls les juges d’instruction peuvent les envoyer", a précisé Eva Joly. "Il ne peut pas non plus demander aux autorités judiciaires suisses s’il y a eu des retraits sur les comptes que Patrice de Maistre a reconnu avoir caché au fisc. C’est tout cela qui resterait extraordinairement insuffisant."

Et la députée européenne, sous les couleurs d’Europe Ecologie, d’attaquer : "Ici, ce qui est exceptionnel, c’est l’arrogance et la brutalité avec lesquelles tout cela est fait. C’est de ne pas respecter les règles de façon outrancière. C’est comme s’il n’y avait pas de règles."

Courroye a "encore une chance"

Cela dit, pour Eva Joly, Philippe Courroye a "encore une chance" de se racheter. "La sortie de garde à vue des quatre suspects doit aboutir à l’ouverture d’une information. Il doit ensuite confier cette enquête à un juge d’instruction, qui décidera ce qu’il convient de faire d’eux", a-t-elle avancé. "Je lui dirai alors que je suis contente de voir qu’il a changé d’opinion et qu’il rentre dans le rang."

Interrogée sur son avenir politique, et particulièrement sur son éventuelle présentation à l’élection présidentielle de 2012, Eva Joly a préféré botter en touche en évoquant les grands principes… et en en remettant une couche. "Un des socles d’une démocratie, c’est la séparation des pouvoirs, c’est avoir une justice qui fonctionne de façon égale pour les riches et pour les pauvres. Et ne pas voir ce que nous voyons aujourd’hui à Nanterre."