Besson relance le débat sur les "contrôles au faciès"

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Besson relance le débat sur les "contrôles au faciès"
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Le ministre de l’Immigration a reconnu mercredi que c’était une "réalité" en France. Provoquant la colère des syndicats de police.

C’est une prise de position rare pour un ministre. Eric Besson a reconnu mercredi, sur RTL, que les "contrôles au faciès" des jeunes par des policiers étaient une "réalité" en France. Le ministre de l’Immigration a ajouté cependant que cette pratique était "largement combattue". Il a assuré que 2.500 policiers étaient ainsi sanctionnés chaque année.

Cette "reconnaissance" des "contrôles au faciès" a immédiatement provoqué une levée de boucliers de la part des syndicats de police. Alliance, la seconde organisation de gardiens de la paix, a dénoncé un "dérapage verbal". Les "contrôles de police se font en fonction des lieux et du moment des missions de nos collègues", a insisté Jean-Claude Delage, le secrétaire général de ce syndicat.

Pour Dominique Achispon, du syndicat majoritaire Snop, les "propos irresponsables [d’Eric Besson NDLR] ne vont pas calmer nos collègues qui sont à bout, notamment dans les quartiers difficiles où ils ont de plus en plus de mal à travailler".

Le dossier des "contrôles au faciès" a été rouvert il y a quelques jours, notamment au détour d’un témoignage publié dans Libération. Un étudiant de Sciences Po y racontait avoir été injurié par des policiers alors qu’il fêtait la qualification de l’Algérie pour la Coupe du monde de football.

Le collectif "Police + Citoyens", qui regroupe une cinquantaine d’associations dont la Ligue des droits de l’Homme et AC le feu, a lancé mardi unepétitionpour exiger la création d’une attestation qui serait remise lors de chaque contrôle d'identité. Le policier y consignerait son numéro de matricule, le nom de la personne contrôlée, la date ou encore le lieu du contrôle. Patrick Lozès, le président du Conseil représentatif des associations noires, a expliqué qu’il s’agissait d’un système "gagnant gagnant" pour les citoyens comme pour les policiers, qui sont aussi victimes de "stéréotypes".