Besson : le débat sur l’identité nationale "ne tourne pas mal"

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Besson : le débat sur l’identité nationale "ne tourne pas mal"
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"Il y a une montée des mouvements extrémistes en Europe. Mais la France y échappe", a assuré le ministre de l’Immigration sur Europe 1.

"Ce n’est pas de l’autosatisfaction", a assuré Eric Besson vendredi sur Europe 1. Mais le ministre de l’Immigration s’est félicité du débat sur l’identité nationale. "Il ne tourne absolument pas mal. Il passionne les Français et moi je me réjouis de son immense succès populaire", a-t-il assuré.

Eric Besson a simplement reconnu que, sur le site internetconsacré au débat, une modération était pratiquée sur "6 ou 7% de messages racistes ou xénophobes". Mais il a préféré mettre en avant "des contributions sublimes, tournées vers l’avenir, généreuses".

Retrouvez en vidéo l'intégralité de l'interview d'Eric Besson au micro de Jean-Pierre Elkabbach :

"Lundi, j’étais à Bruxelles. Dès que je suis arrivé, tous mes collègues européens m’ont dit c’est extraordinaire ce qui se passe en France, c’est bien ce débat que vous faites", a encore raconté le ministre de Nicolas Sarkozy. Le président de la République, qui sera finalement absent vendredi d’un colloque à l’Institut Montaigne, n’est d’ailleurs pas en train de faire marche arrière dans ce débat, a insisté Eric Besson. "Ne vous inquiétez pas", a-t-il lancé.

"Une partie des Français s’interroge sur une question simple ‘est-ce que l’islam est compatible avec la République et la démocratie ?’ Moi je pense que oui", a répondu le ministre. Mais "le débat ne porte pas sur l’immigration, il est beaucoup plus large", a insisté Eric Besson. "Le nazisme et le fascisme sont des concepts lourds qu’il faut manier avec précaution. Si vous voulez dire qu’il y a une montée potentielle des mouvements extrémistes en Europe, c’est vrai. Mais la France y échappe. Il n’y a pas de remontée du Front national. Ne focalisons pas sur le Front national", a-t-il assuré.

"Sur le chemin de la rigueur intellectuel, la route est longue et parfois la pente est raide. Je m’y essaie", a expliqué Eric Besson, reprenant à son compte une expression deJean-Pierre Raffarin qui s’est publiquement inquiété des dérapages du débat sur l’identité nationale. Le ministre de l’Immigration a précisé que le sujet ne disparaîtrait pas avec les élections régionales et qu’il prévoyait de faire un "tour de France pour présenter les décisions arbitrées" après le scrutin.

Au passage, Eric Besson s’en est pris à plusieurs membres du Parti socialiste, son ancienne formation politique. A Jean-Christophe Cambadélis qui l’avait comparé à Pierre Laval, il a répondu : "de telles insultes sont significatives de ce qu’est en train de devenir le Parti socialiste, un parti sectaire". Quant à Martine Aubry, qui n’aurait pas donné une position claire sur les sans-papiers, "ce type d’ambigüité, portée par la première secrétaire du Parti socialiste, contribue beaucoup plus à la montée des idées xénophobes qu’un débat bien maitrisé", a assuré Eric Besson.