Besson et la fabrique de "bons Français"

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Besson et la fabrique de "bons Français"
@ Reuters
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Alors que son projet de loi arrive devant l’Assemblée, le ministre défend sa politique.

"Si mon ministère peut être une machine à fabriquer de bons Français, je serai très heureux". Dans une interview donnée au Parisien en présence d’un panel de lecteurs, mardi, Eric Besson livre mardi sa conception du ministère qu’il dirige, celui de l’Immigration et de l’Identité nationale, au risque d’employer une phrase choquante.

"Si cela vous choque que des étrangers deviennent de "bons petits Français", moi je trouve que c'est une excellente nouvelle", assure le ministre. Avant de développer : "Etre des "bons Français", ça ne veut pas dire renier son histoire, ses origines ou sa culture françaises".

Un lien entre campements illégaux et délinquance

Eric Besson revient également sur la politique française à l'égard des Roms et assume le discours de Grenoble de Nicolas Sarkozy. Sa traduction concrète est examinée mardi devant l’Assemblée nationale avec le projet de loi sur l'immigration présenté par son ministère. "Je le dis avec précaution parce qu’il faut faire attention aux amalgames, mais le lien entre ces campements illégaux et la délinquance a été établi par le ministère de l’Intérieur" indique Eric Besson.

Et de poursuivre : "L'idée que parce que vous êtes 200, vous allez occuper illégalement un terrain, de force, est inacceptable. "Dans tous les campements qui ont été démantelés, plus des deux tiers des occupants sont des nomades français" ajoute Eric Besson, une preuve, selon lui, que le gouvernement n’a pas "stigmatisé des Roumains en situation irrégulière".

La déchéance, une portée symbolique

Interrogé sur la possibilité de déchoir de leur nationalité les personnes naturalisées depuis moins de dix ans lorsqu'elles ont causé la mort d'un dépositaire de l'autorité publique, Eric Besson concède qu'il s'agit avant tout d'un "symbole". "Tant mieux si cela ne va en effet concerner que très peu de personnes. Mais c'est une sanction qui a une portée symbolique et républicaine lourde", souligne-t-il.