Bertrand chasse les conflits d’intérêts

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Bertrand chasse les conflits d’intérêts
Xavier Bertrand veut éviter tout conflit d'intérêts au sein du ministère de la Santé.@ Reuters
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INFO E1 - Ses conseillers ont rempli une "déclaration d’intérêts" vis-à-vis des laboratoires.

En charge du très sensible dossier du Mediator, qui a conduit à une crise du système de santé français, Xavier Bertrand prend toutes ses précautions. En matière de conflits d’intérêts, le ministre de la Santé veut se prémunir de tout scandale en lavant plus blanc que blanc. Selon les informations d'Europe 1, il vient en effet d’obliger tous ses collaborateurs à déclarer dans le détail toutes leurs activités rémunérées depuis dix ans, et qui seraient liées de près ou de loin aux intérêts des laboratoires pharmaceutiques.

Grande première

Les 20 conseillers de Xavier Bertrand ont donc dû remplir un formulaire dénommé "déclaration d’intérêts" que le ministre a fait rédiger spécialement pour l’occasion. C’est donc une grande première pour le gouvernement.

L’un des conseillers de Xavier Bertrand pour les questions de recherches, par ailleurs professeur en pharmacologie à l’hôpital de Rouen, et chercheur lui-même, a mené jusqu’à son arrivée au ministère des études scientifiques sur le cœur. Des études co-financées par des laboratoires privés, comme Roche, Solvay ou Servier. Xavier Bertrand lui a imposé de quitter son hôpital et la tête de son unité Inserm, condition sine qua non pour continuer d’œuvrer à ses côtés. Surtout, il lui a interdit de s’occuper de médicaments dans son cabinet.

D’autres ministres fâchés

Le ministre du Travail et de la Santé n’a en fait qu’une obsession : prouver qu’il est sincère quand il dit vouloir la transparence du système de santé. Il n’a donc pas hésité à prendre de vitesse le rapport sur la prévention des conflits d’intérêts, qu’il doit remettre lui-même au président de la République jeudi.

En érigeant ainsi ses propres règles, Xavier Bertrand risque de fâcher certains de ses collègues ministres qui trouvent qu’il en fait trop. Pour l’instant, seule la ministre de l’Ecologie songerait à appliquer à son équipe la "jurisprudence Bertrand".