Bayrou se présente en "recours"

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Bayrou se présente en "recours"
François Bayrou s'est présenté comme le "seul vote utile" samedi à Toulouse.@ MAXPPP
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Le candidat centriste a mis dos à dos la "division" incarnée par Sarkozy et les "illusions" de Hollande.

Quatrième homme des sondages, François Bayrou, en meeting samedi soir à Toulouse, a voulu convaincre qu’il peut encore l’emporter en mai prochain. "Oui, il est possible de gagner l'élection présidentielle", a lancé le candidat centriste devant des partisans enthousiastes scandant "Bayrou président". Son credo : se présenter comme le candidat du recours face aux deux favoris, François Hollande et Nicolas Sarkozy.

"C'est un appel que je lance, non pas seulement aux hommes et femmes politiques mais à tous les citoyens", a expliqué François Bayrou devant quelque 2.500 personnes réunis à la "Halle aux grains" de Toulouse. "Nous leur proposons le seul vote utile, car ce n'est pas un vote utile que de remettre les prédécesseurs à la place des successeurs. Ils ont tous la même idée du pouvoir et représentent tous deux des impasses", a-t-il ajouté.

"Nous sommes les seuls susceptibles d'écarter ces deux risques, écarter au 1er tour le risque de la division avec Nicolas Sarkozy et au second tour celui de l'illusion avec François Hollande", a-t-il proclamé en confiant à la salle amusée que "naturellement l'ordre pouvait être changé". "Sans parler des candidats de l'extrême illusion et de l'extrême division", a-t-il ajouté à l'adresse des candidats d'extrême droite et d'extrême gauche.

"Exclusions" contre "dramatiques illusions"

Le président du MoDem a développé son propos, dénonçant "les discours d'exclusion et de stigmatisation" de Nicolas Sarkozy. Il cherche "les sujets les plus passionnels, ceux qui font flamber le plus, des affaires de boucherie, d'abattage, de Halal", a-t-il dit, déclenchant les huées de la salle. "Or, il n'est pas possible de redresser un pays quand on le divise", a-t-il insisté.

Evoquant ensuite François Hollande, le candidat centriste a dénoncé "ceux qui donnent au pays ce qu'ils croient que la population à envie d'entendre". "Ce n'est pas vrai qu'ils créeront 60.000 postes d'enseignants, ces milliers d'emplois d'avenir, l'augmentation des allocations... tout cela débouchera sur de dramatiques désillusions. Attention, on est en train de vous leurrer et de ce leurre-là vous ne vous relèverez pas", a-t-il lancé.

François Bayrou a ensuite lancé un appel à peine voilé au Parti radical de Jean-Louis Borloo, soutien timide du président sortant. Il a ainsi appelé à la création d'une "majorité de rassemblement" dans laquelle "tous les grands courants politiques auraient leur place s'ils décident de s'atteler ensemble au redressement du pays".