Bayrou mis en cause pour son soutien à Sarnez, visée par une enquête

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Bayrou mis en cause pour son soutien à Sarnez, visée par une enquête
Le ministre de la Justice a relayé sur son compte Twitter un communiqué de sa collègue, visée par une enquête préliminaire du parquet de Paris.@ IROZ GAIZKA / AFP
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Le ministre de la Justice a relayé sur son compte Twitter un communiqué de sa collègue, visée par une enquête préliminaire du parquet de Paris.

Le député George Fenech, secrétaire national à la Justice des Républicains, a dénoncé mardi une "atteinte grave à l'indépendance de l'autorité judiciaire" après que le ministre de la Justice, François Bayrou, eut relayé sur son compte Twitter un communiqué de sa collègue Marielle de Sarnez, visée par une enquête préliminaire du parquet de Paris.

La ministre des Affaires européennes, une proche du garde des Sceaux qui appartient comme lui au MoDem, se défend de toute irrégularité lorsqu'elle siégeait au Parlement européen. L'enquête, pour "abus de confiance", vise les conditions d'emploi d'attachés parlementaires de 19 eurodéputés, qui auraient eu par ailleurs des fonctions au sein de leur formation politique respective.

Une biographie modifiée. Dans un communiqué diffusé sur son compte Twitter, Marielle de Sarnez annonce son intention de déposer plainte pour "dénonciation calomnieuse" à l'encontre de l'eurodéputée du Front national Sophie Montel, qui a rédigé un courrier à l'origine de cette procédure judiciaire. Ce tweet a été relayé dans la nuit de lundi à mardi sur le compte Twitter de François Bayrou, dont des internautes ont par ailleurs remarqué qu'il avait modifié mardi sa biographie sur le réseau social : la mention "ministre d'État, garde des Sceaux et ministre de la Justice" a été remplacée par la mention initiale "maire de Pau".



"Comment interpréter ce tweet ?". François Bayrou a également "retweeté" une photo datant du 25 mai de Marielle de Sarnez en campagne pour les élections législatives dans la 11e circonscription de Paris. "Comment interpréter ce tweet en faveur d’une collègue ministre, qui plus est de sa propre formation politique, alors qu’elle est sur le point de lancer une procédure judiciaire ? Comment ne pas y voir une forme de pression sur l’institution judiciaire ?", s'interroge George Fenech, député et magistrat de formation.



"Atteinte grave à l'indépendance de la justice". "Cette atteinte grave à l’indépendance de l’autorité judiciaire ne peut rester sans réponse", estime-t-il. Georges Fenech demande ensuite à Emmanuel Macron qu'il assure que les enquêtes visant des membres du gouvernement se déroulent dans le respect de la procédure pénale, "sans pression directe ou indirecte du pouvoir". Dans Le Parisien, le syndicat FO magistrats, s'interroge sur le fait que le garde des Sceaux, qui s'est abstenu de tout commentaire dans l'affaire Ferrand, 'tweete' en faveur d'une collègue "sur le point de lancer une procédure judiciaire.