Bayrou : avec l'affaire Leonarda, "l'autorité de François Hollande est affaiblie"
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INTERVIEW E1 - Pour le président du MoDem, "il y a un problème d’autorité et de majorité".

L’affaire Leonarda Dibrani a été mal gérée d'un point de vue politique et porte préjudice à tous les acteurs du dossier. Tel est le message qu'a tenu à faire passer François Bayrou, dimanche dans le Grand Rendez-vous d’Europe 1 – Le Monde – i>Télé. "Aujourd’hui, que pensent 80% des Français (de l’affaire Leonarda, ndlr) ? Ils pensent que le pouvoir a perdu la boussole. Ils pensent qu’on est dans une situation absolument plus maitrisée dans lequel l’Etat décide une minute après le contraire de ce qu’il a décidé et justifié une minute avant", a dénoncé le président du MoDem.

"On est dans l’incohérence", a souligné François Bayrou :


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Une expulsion qui se justifiait. Pour François Bayrou, il n'y a pas de doute : il aurait "maintenu" la décision d'expulsion de la jeune collégienne rom. "Si j’avais été au pouvoir hier, j’aurai en trois phrases dit ceci aux Français : l’enquête a montré que c’était dans le respect du droit, et un respect scrupuleux qui a pris le temps, que cette décision a été prise et que son exécution a été décidée. Deuxièmement, il n’y a pas eu de manquement grave. Et troisièmement, étant donné ces deux premières raisons, la décision est maintenue. Et je me serais arrêté là", a-t-il détaillé.

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Mais une gestion politique qui affaiblit le président de la République. "Son autorité (celle de François Hollande, ndlr) est affaiblie d’autant plus que le chef de son parti le critique véhémentement dans la minute. Harlem Désir a dit dans la minute : ‘pas du tout, il ne faut pas que ce soit elle seule qui revienne, il faut que ce soit tous les enfants et la mère'", a rappelé le président du MoDem. "Il y a un problème d’autorité et de majorité. Un problème d’autorité parce que François Hollande essaye de moyenner à gauche, c’est-à-dire de trouver des positions qui ne déplaisent pas trop à sa majorité. Il est infiniment trop obsédé par le parti socialiste, les courants du parti socialiste, les alliés du parti socialistes, les satellites du parti socialiste et les nuances de ce qu’il croit être son camp", a-t-il ajouté.

Et qui porte préjudice à Leonarda Dibrani elle-même. La gestion de cette expulsion a également des conséquences néfastes pour l'intéressée elle-même, juge François Bayrou. "Cette jeune fille est en train de subir par les médias une pression à laquelle elle ne peut pas résister évidemment. C’est une jeune fille de 15 ans devant qui tous les objectifs de caméras viennent, qui est en direct sur les chaines, à qui ont fait croire, je crois qu’elle l’a dit elle-même, 'maintenant je suis une star'. C’est destructeur pour cette jeune fille aussi", a-t-il regretté.

De manière plus générale, pour François Bayrou cette histoire souligne "l’absence de réserve, d’équilibre, dans lequel l’hyper compétition médiatique entraine la société dans laquelle nous sommes. Cela aussi mériterait qu’on y réfléchisse". "L’émotion est légitime mais quand on est chef d’Etat, on ne doit pas confondre l’émotion et le devoir de gouvernement, le devoir d’autorité", a-t-il ensuite souligné.

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