Baroin s’attire les foudres des députés

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Baroin s’attire les foudres des députés
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Il a demandé une seconde délibération sur 39 amendements pour le vote du Budget 2011.

"La manière dont le gouvernement a fait passer la loi de finances à l'Assemblée est une honte", se sont insurgés les députés socialistes, à la suite du vote sur le projet de Budget 2011. Le ministre du Budget, François Baroin, a assumé, sans complexe, son rôle de "réducteur des coûts".

L’addition des amendements

En quête du moindre million d'économie pour diminuer le déficit de l'Etat de 60 milliards en un an - du jamais vu, selon lui -, le ministre a suscité la colère des députés, de tous bords confondus. La raison ? Il a demandé une seconde délibération sur 39 amendements adoptés contre son avis, pour ramener coûte que coûte le déficit de l'Etat de 152 milliards d'euros à moins de 92 milliards d'euros en un an.

Elle ne s’est faite sans mal, mais après une longue suspension de séance. François Baroin a été tout de même contraint de faire quelques concessions. Pour amadouer ses troupes, le ministre a, par exemple, promis que le gouvernement ne reviendrait pas sur l'exonération de cotisations sociales bénéficiant à certains emplois dans les zones de revitalisation rurale.

Par un vote unique, le ministre voulait revenir sur ces mesures parlementaires qui compromettaient, selon lui, sa politique de réduction des déficits. Dans l'après-midi, à l'Elysée, le Premier ministre François Fillon avait aussi mis en garde les députés UMP contre l'addition d'amendements privant l'Etat de quelques centaines de millions d'euros. Mais les membres du Palais Bourbon ont cependant fait observer que certaines remises en cause par le gouvernement pouvaient rapporter des recettes à l'Etat.

Baroin très critiqué

Cette méthode gouvernementale a été extrêmement critiquée à gauche. François Baroin "a fait disparaître, au détour de la nuit, les 39 amendements que les députés avaient eu le front d'adopter contre sa volonté. Ces amendements étaient souvent le fruit d'un consensus transpartisan et visaient même pour certains à faire des économies budgétaires", se sont étonnés les députés socialistes avant de conclure : "Le remaniement passe, le piétinement du Parlement continue".

Le ministre a également été blâmé par des députés de droite, à l’image du député UMP Gilles Carrez. "Je suis rapporteur du Budget depuis 2002. C'est la première fois que nous avons une seconde délibération remettant en cause autant de votes de notre Assemblée", a-t-il regretté.

Le projet de Budget 2011 adopté

Finalement, l’Assemblée nationale a adopté le projet de loi de finances pour 2011, en attendant la réforme fiscale du printemps prochain. Sans surprise, le projet de loi de finances a été adopté avec les voix de la majorité UMP-Nouveau centre (169) face à l'opposition de gauche (68 voix).

Place maintenant aux Sénateurs.