Balladur : une Europe "vouée à l'échec"

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Balladur : une Europe "vouée à l'échec"
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Edouard Balladur a pointé les incohérences d'une Union européenne élargie trop tôt selon lui.

L'ancien Premier ministre Edouard Balladur (UMP) estime dans un entretien au Monde daté de dimanche/lundi que "l'Europe à 27 est vouée à la confusion et à l'échec" et paie le prix d'un "élargissement qui a été décidé trop hâtivement".

Classé parmi les europhiles, Edouard Balladur ne "voit pas comment la liberté totale de circulation pourra entrer en vigueur en 2013". "C'est un problème que la divergence des régimes sociaux et juridiques rend difficile à résoudre rapidement. En attendant, la sagesse commande de repousser tout élargissement de l'Europe à 27 comme de la zone euro", poursuit-il.

Pour lui, l'Europe "souffre de défauts que le traité de Lisbonne n'a pas corrigés". Il cite en premier lieu un "défaut d'autorité" avec une structure datant "des années 1950" devenue "trop lourde".

Il brocarde également une "liberté de circulation pour des populations relevant de pays qui ne sont pas capables de contrôler efficacement leurs frontières (qui) donne lieu à des difficultés insurmontables". Interrogé sur le virage sécuritaire de l'été de Nicolas Sarkozy et son bras de fer avec la Commission européenne au sujet des Roms, l'ancien Premier ministre estime que "ce n'est pas placer la société sous tension que de la placer devant les réalités".

"La sécurité, la libre circulation en Europe, l'immigration clandestine sont des problèmes essentiels qu'on ne peut éluder sous prétexte qu'il faudrait laisser l'opinion publique en repos, d'autant qu'elle ne l'est pas, et que les Français sont bien conscients de ce qui est en cause", ajoute-t-il.

L'ex-Premier ministre se déclare toujours européen convaincu, mais "il faut voir les choses en face", estime-t-il. L'Europe a vécu sur un modèle social de rente qui est à présent terminé avec l'émergence de puissances économiques chinoise, indienne ou brésilienne. "Il faut réagir", martèle Edouard Balladur