Baisse des dotations : le maire de Tulle en appelle à François Hollande

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Le président prononcera un discours lors du congrès des maires de France jeudi. Objectif : tenter d'apaiser des élus mécontents de la baisse des dotations de l'Etat.

Il n'y était plus allé depuis 2012 et pour cause. Les maires de France, réunis en congrès annuel depuis mardi, ont la dent dure contre François Hollande. En cause : la baisse des dotations de l'Etat, que certaines communes françaises subissent de plein fouet.

Des conséquences directes sur l'emploi. Même le maire de Tulle, fief du président de la République, exprime son ras-le-bol. "La baisse des dotations, c’est environ 400.000 euros. Sur un budget de fonctionnement de 22-23 millions, c’est beaucoup d’argent", a expliqué Bernard Combes sur Europe 1, mardi matin. "400.000 euros, ça représente environ 15 emplois. Il faut que nous ayons les moyens de faire vivre nos services publics : l’enlèvement des ordures ménagères, l’accueil de la petite enfance, l'animation dans les lieux associatifs... Tout ça, ça coûte de l’argent", a-t-il illustré. Les maires de France attendent donc de François Hollande un geste financier, alors que l'Etat entend baisser de 3,7 milliards d'euros les dotations aux collectivités l'an prochain.

Etre "plus juste". Proche de François Hollande et régulièrement invité à l'Elysée, Bernard Combes connait les raisons de ces coupes drastiques dans les budgets. Mais il n'encaisse pas. "J’ai bien compris que le gouvernement avait conduit certaines collectivités à réduire leur train de vie. Mais je pense qu’à Neuilly on n’a beaucoup moins de problèmes qu’à Tulle". L'édile dit attendre du gouvernement "d’être juste dans la distribution", "même s’il doit aussi redresser les comptes de la nation". "Il faut donner plus à ceux qui ont davantage de besoins", a-t-il soutenu. "Mais je lui ai dit, je suis conseiller à l’Elysée. Je suis bien placé pour parler mais serais-je écouté ? Nous l’observerons peut-être lors de sa présentation au congrès des maires".

Jeudi, le chef de l'Etat prononcera un discours à haut risque lors du congrès. En 2013, Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, avait essuyé les sifflets des maires de France en colère.