Bachelot : Guéant "menteur" ou "voleur"

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Bachelot : Guéant "menteur" ou "voleur"
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POLÉMIQUE - L'ex-ministre de l'Intérieur a rétorqué à son ancienne collègue de "mieux s'informer".

 Le contexte. Suspecté d’avoir participé au financement illégal de la campagne de Nicolas Sarkozy depuis qu’un virement important depuis l’étranger a été découvert, Claude Guéant nie. Concernant des paiements en liquide repérés par les policiers lors de leurs perquisitions, Claude Guéant assure qu’il s’agissait de "primes de cabinet dont j'avais bénéficié au ministère de l'Intérieur quand j'y officiais". "Impossible", rétorque Roselyne Bachelot, ancienne ministre dans le même gouvernement. "Elle ferait mieux de s'informer", tacle de son côté Claude Guéant sur Europe 1.

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(Voir la vidéo, à partir de la 5e minute)

La phrase. L’ancienne ministre de la Santé n’a jamais eu sa langue dans sa poche. C’est encore plus vrai depuis qu’elle a quittée la politique pour l’arène médiatique. Mardi, dans l'émission Le Grand 8, sur D8, dont elle est chroniqueuse, Roselyne Bachelot n’a donc pas pris de gants au moment de commenter la ligne de défense de son ancien collègue. "C'est absolument impossible d'avoir touché des primes de cabinet à partir de 2002", a-t-elle assuré.

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"Les primes de cabinet avaient été supprimées par Lionel Jospin" auparavant, a rappelé Roselyne Bachelot. "Si, quand il était chef de cabinet de Nicolas Sarkozy de 2002 à 2004, Claude Guéant a touché des primes de cabinet, soit il ment, soit il y avait peut-être au ministère de l'intérieur de l'argent qui circulait, parce qu'il faut rémunérer un certain nombre d'indicateurs, d'informateurs, mais il n'avait pas à mettre cet argent dans sa poche", a conclu, virulente, l'ex-ministre.

Et les tableaux ? Pour justifier l'origine de ce virement important depuis l’étranger, Claude Guéant assure voir vendu deux œuvres d'art. "J'ai tous les justificatifs à disposition de la justice", a-t-il assuré à Europe 1, mardi matin. Roselyne Bachelot, très mordante le moment d’avant, ne veut cette fois rien affirmer sur ce point : "je ne parle pas des 500.000 euros" versés sur son compte. "C'est quand il parle d'argent en liquide et dont il dit que ce sont des primes de cabinet, ce n'est pas possible", a insisté la chroniqueuse.

"Elle ferait mieux de s’informer". Claude Guéant a répondu en début de soirée à ces accusations au micro d’Europe 1 : "avant de proférer de tels qualificatifs avec autant d'aplomb, Roselyne Bachelot ferait mieux de s’informer. Elle ne connaît pas la façon dont les choses se sont passées au ministère de l’Intérieur. C’est vrai que le système a été modifié pour l’ensemble des ministères, mais le ministère de l’Intérieur avait une situation spécifique avec un régime indemnitaire qui valait non seulement pour les membres du cabinet du ministre, mais aussi pour plusieurs milliers de fonctionnaires. Il a fallu reconstruire un système complètement nouveau", a-t-il rétorqué, avant d’assurer que "Nicolas Sarkozy a mis un terme à ce dispositif".

"Pas un spécialiste du blanchiment d'argent". Invité du JT de 20 heures de France 2, Claude Guéant a par ailleurs assuré n'avoir "jamais fait de blanchiment d'argent" et ne pas être "un spécialiste" de cette pratique. D'après l'ancien ministre de l'Intérieur, les 500.000 euros, versés sur l'un de ses comptes depuis l'étranger, proviennent bien de la vente de deux tableaux "au prix proposé par l'acheteur". "Je n'ai pas fait une mauvaise affaire, c'est vrai", a reconnu Claude Guéant. "Je suis mis en cause sur la place publique alors que le juge n'a même pas encore entendu mes explications", a-t-il dénoncé, répétant tenir à la disposition de la justice "tous les justificatifs".