Avec Nicolas Sarkozy, c'est vingt ans de "détestation" assume Jean-Louis Debré

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
Partagez sur :

Jean-Louis Debré a évoqué mardi, au micro d'Europe 1, la volonté de l'ex-chef de l'Etat de passer outre les décisions du Conseil constitutionnel.

Jean-Louis Debré et Nicolas Sarkozy restent irréconciliables. L’ancien président du Conseil constitutionnel publie Ce que je ne pouvais pas dire, un livre de mémoires dans lequel il revient sur les rencontres qui ont émaillé ses neuf années passées à la tête du Conseil constitutionnel, où Laurent Fabius lui a succédé le 8 mars 2016. L’ancien responsable y étrille de nombreuses personnalités politiques à commencer par Nicolas Sarkozy, pour lequel il nourrit depuis les années 1990 une véritable "détestation", selon ses propres mots. 

"Depuis bien longtemps, nous nous opposons", assume Jean-Louis Debré. "En tant que président du Conseil constitutionnel, je n’ai pas accepté cet interventionnisme […] Je le dis, est-ce acceptable, quand une décision ne convient pas au pouvoir, que l’on cherche à débarquer le président du Conseil constitutionnel ?", interroge-t-il au micro d'Europe 1 Matin.

"Un danger pour la République". Pour l’ancien responsable, Nicolas Sarkozy n’a pas le sens de l’Etat : "Quand vous êtes sans arrêt en train de refuser les décisions du Conseil, de demander aux magistrats comment contourner la jurisprudence du Conseil, tout cela montre que l'on n’accepte pas les institutions, que l’on n’accepte pas l’Etat !", martèle-t-il. Jean-Louis Debré ajoute : "Je pense qu'aujourd’hui la manière dont il a réformé les institutions, cette volonté de tout bousculer, est un danger pour la République."

Discours de Dakar. Néanmoins, celui qui siégea cinq ans au perchoir de l’Assemblée nationale, concède au moins deux temps forts à la présidence de Nicolas Sarkozy : "Je lui rends hommage à deux reprises : d’une part quand il y a eu son discours a Dakar où on l’a critiqué, dénigré, alors que les gens n’avaient pas lu le discours qu’il a prononcé, et qui était un discours courageux. Et je lui rends hommage parce qu’il a été le seul à accepter de modifier la constitution pour permettre la saisie du Conseil par les justiciables".