Aubry veut une autre politique énergétique

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Aubry veut une autre politique énergétique
Alors que Daniel Cohn-Bendit demande un référendum sur le nucléaire, le PS ne semble pas pressé.@ REUTERS
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Les Verts demandent un référendum sur l’énergie nucléaire, les socialistes sont embarrassés.

Le débat sur la sécurité des centrales nucléaires françaises rebondit en France, après l'accident à la centrale japonaise de Fukushima. Les écologistes, Daniel Cohn-Bendit en tête, réclament un référendum sur le nucléaire en France, espérant en faire un thème de la campagne de 2012 face à l'UMP et au PS, traditionnellement pro-atome.

Sur Europe 1, Daniel Cohn-Bendit a appelé, après un long débat présentant chaque point de vue, à "un référendum où les citoyens, en toute connaissance de cause, et reprenant aussi les débats qui ont lieu hors de l'Hexagone, peuvent se décider".

"Ça fait des années que les écologistes demandent deux choses : un vrai débat public sur l'énergie" et ensuite "la possibilité de décider par référendum notamment d'engager la sortie du nucléaire" a renchérit Cécile Duflot.

Le député vert Yves Cochet, a, de son côté, souhaité que le référendum ait lieu "maintenant", histoire de voir "de quelle manière" le PS s'associera "à nous pour (le) demander". "Ça sera une sorte de test, de critère de bonne volonté" pour "un contrat de gouvernement commun à partir de 2012", a-t-il estimé.

Un "débat public sur le nucléaire"

Sur Europe 1 lundi soir, Noël Mamère a prôné un "débat public sur le nucléaire" en prélude à un référendum. Le député-maire de Bègles a aussi demandé la fermeture de la centrale de Fessenheim, site jugé "dangereux" et plaidé pour une réforme du "système de contrôle des centrales nucléaires en France", se prononçant pour une "autorité de sûreté réellement indépendante".

"On n'est pas dans l'urgence du référendum"

Du côté du PS, on semble gêné aux entournures. "On n'est pas dans l'urgence du référendum", a indiqué la secrétaire nationale à l'Environnement Laurence Rossignol, lors du point presse du Parti socialiste.

Le porte-parole du PS Benoît Hamon a encore été plus clair : "Nous ne sommes pas favorables aujourd'hui à un abandon du nucléaire, nous ne pouvons pas nous engager à une fin du nucléaire du jour au lendemain". Et d’ajouter que le PS demandait un inventaire précis des centrales nucléaires françaises.

Équation délicate pour le PS

Pour le PS, coincé entre les inquiétudes écologiques de son électorat et un souci de réalisme économique, l’équation est délicate. D'où l'appel de la première secrétaire, Martine Aubry, à ouvrir le débat.

"Nous devons penser notre politique énergétique autrement" :

Le gouvernement de son côté ne veut pas entendre parler de ce débat pour le moment, estimant que les circonstances ne sont pas opportunes. "Le débat nucléaire en France, ce n’est pas le moment", a tranché la ministre de l’Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet, lundi, sur Europe 1. "On a une catastrophe nationale au Japon, un accident nucléaire grave et c’est ça la priorité".