Aubry-Hollande, forces et faiblesses
La mise à l’écart de DSK laisse place à un duel entre François Hollande et Martine Aubry pour 2012. © Maxppp

La mise à l’écart de DSK laisse place à un duel entre François Hollande et Martine Aubry.

De notoriété publique, leurs relations ne sont pas très bonnes. Mais Martine Aubry et François Hollande devront composer s’ils veulent respecter le "code de bonne conduite" de la primaire socialiste. D’un côté, la patronne du parti tarde à dévoiler ses ambitions, alors que la question de sa candidature semblait réglée au profit de celle de DSK. De l’autre, François Hollande, candidat déclaré, trace sa route vers 2012. Europe1.fr passe en revue les forces et les faiblesses de chacun.

LEUR PROFIL DE CANDIDAT

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Aubry, la candidate du parti. Inéluctablement, Martine Aubry apparaît comme LA candidate légitime du PS, suite à l’affaire DSK. Sa position de patronne du Parti socialiste mais aussi son expérience ministérielle la conforte d’autant plus. Elle peut se targuer d’un bilan positif. Divisions et tensions se sont apaisées au sein du PS, dont elle avait pris la tête lors du Congrès de Reims en novembre 2008. Si cette fonction lui donne une légitimité, la maire de Lille est aussi l’incarnation même de la machine socialiste, à laquelle elle a les mains liées. Une position qui pourrait s'avérer être un handicap, l'opinion publique étant relativement sceptique à l'égard des grands partis politiques.

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Hollande, le nouvel outsider. L’ancien numéro un du PS apparaît désormais comme le candidat le plus indépendant. Il se présente lui-même comme "le candidat de la victoire" et ambitionne d’être un "président normal", contrairement, selon lui, à Nicolas Sarkozy. Après plus de dix années au poste de Premier secrétaire, de 1197 à 2008, François Hollande a l’avantage du terrain. Il connaît comme sa poche les rouages du parti, des fédérations aux élus locaux.

LE TIMING

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Aubry, un concours de circonstances. L’affaire DSK a bouleversé les perspectives de Martine Aubry, liée à l’ancien patron du FMI par le pacte de Marrakech, selon lequel ils ne se présenteraient pas l’un contre l’autre. Au fil des mois, la candidature de DSK semblait se confirmer. Finalement, c’est à elle de se lancer dans la course. Dimanche soir, une semaine après l’éclatement de l’affaire DSK, la première secrétaire a parlé sur le JT de France 2 de son "envie d’être utile" à son pays. Mais selon son entourage, elle ne veut surtout pas accélérer les choses, et ne devrait pas lever le mystère avant le 28 juin, date de dépôt officiel des candidatures.

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Hollande trace sa route. C’est bien l’un des avantages de François Hollande. Le député de Corrèze a une longueur d’avance sur sa nouvelle rivale. Déjà déclaré candidat en mars dernier, à la suite des élections régionales, François Hollande ne perd pas de temps et multiplie les déplacements. Et sa détermination à se lancer dans la course semble réelle. DSK ou pas, il a toujours affirmé qu’il irait au bout de ses ambitions.

LEUR POPULARITÉ

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Aubry en deuxième position. Sa cote de popularité est en hausse. Pour les primaires, elle reste derrière l’ancien secrétaire du parti. Toujours selon le sondage Viavoice, 37% des personnes interrogées souhaitent la voir accéder à l'Élysée. Elle pourrait néanmoins bénéficier du report des voix de Dominique Strauss-Kahn puisqu’elle apparaît comme la candidate la plus proche de l’ancien patron du FMI.

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Hollande passe en tête. Sondage après sondage, DSK écrasait tous ses adversaires dans les intentions de vote. Son inévitable éviction de la primaire place désormais François Hollande en tête des sondages. Selon une étude Viavoice-Libération parue lundi, 44% des sondés souhaitent qu'il soit président de la République. Mais la position de leader n’est pas forcément la plus facile à assumer. Quoi qu’il arrive, François Hollande assure que les sondages ne l’intéressent pas.

LEURS SOUTIENS

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Aubry, très entourée. La maire de Lille bénéficie de l’appui, plus ou moins mesuré, de plusieurs poids-lourds du parti : l’ancien Premier ministre Laurent Fabius, le porte-parole du PS, Benoit Hamon, son directeur de cabinet Jean-Marc Germain, son bras droit et conseiller François Lamy, sa plume, Guillaume Bachelay, et la députée Marylise Lebranchu. Elle peut donc compter sur les gestionnaires de l'appareil.

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Hollande, des soutiens ancrés. S'il ne bénéficie pas de mêmes appuis, le député de Corrèze dispose d'un véritable ancrage au niveau local grâce à ses années passées à la tête du parti. François Rebsamen, le maire de Dijon, Stéphane Le Foll, le député européen, Jean-Pierre Bel, le président du groupe socialiste au Sénat, Bruno Le Roux et Michel Sapin, tous deux députés, Faouzi Lamdaoui, adjoint au marie d’Argenteuil, font parti de ses fidèles soutiens.

LEUR PERSONNALITÉ

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Aubry, l’impatiente. La première secrétaire a l’image d’une femme plus directe autoritaire. Un aspect de sa personnalité qui pourrait aussi la desservir. Elle s’est souvent montrée irritée par la presse. A Dakar notamment, elle avait conseillé à des journalistes qui l’interrogeaient sur une éventuelle candidature de DSK de suivre "une thérapie". Une relation complexe aux médias sur laquelle elle devra travailler si elle est amenée à partir en campagne.

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Hollande, le bon camarade. L’ancien numéro un du PS a l’image d’une personnalité politique assez accessible, souvent décrit comme un personnage ayant beaucoup d’humour. Il entretient une bonne relation avec les médias. Mais son manque de charisme apparaît comme l’un de ses principaux points faibles. Pour améliorer son image et peaufiner sa stature, il a perdu plus d’une dizaine de kilos.