Aubry dénonce un "été de honte"

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Aubry dénonce un "été de honte"
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La première secrétaire du Parti socialiste assure que "la France a été abîmée et salie".

Martine Aubry a donné le ton à la veille de l’ouverture de l’université d’été du Parti socialiste. A son arrivée à La Rochelle, la première secrétaire du PS a dénoncé "l'été de honte" infligé par Nicolas Sarkozy aux Français avec sa politique de sécurité et d'immigration.

La France "a été abîmée"

"Nous sommes là pour dire qu'une autre France est possible", a lancé Martine Aubry sortant ainsi de son silence estival. La dirigeante du PS s'était contentée jusqu'alors d'un simple communiqué début août pour dénoncer la "dérive antirépublicaine" du gouvernement.

"La France a été abîmée et salie, c'est indigne", s’est insurgée la maire de Lille jeudi. "J'ai eu l'impression d'un été de honte", a-t-elle assuré. Quand Nicolas Sarkozy fait le lien entre délinquance et immigration ou qu'il ordonne l'expulsion des Roms, il "bafoue les valeurs de notre République" et "salit notre pays à l'étranger", a-t-elle ajouté.

S'exprimant devant les militants de la Fédération et en présence de plusieurs ténors du parti, elle a affirmé que "les Français ne s'y sont pas laissés prendre" et qu'ils "ont compris que cette vaste opération de manipulation (…) avait sans doute pour objet de masquer les affaires et d'abord son échec sur la sécurité", a-t-elle lancé.

"Je n'ai pas voulu m'inscrire là-dedans", a-t-elle expliqué. La direction du PS a défendu sa stratégie, estimant qu'il ne fallait pas participer à la surenchère sécuritaire du gouvernement.

Ton grave à l'université d'été du PS

L'ambiance de l'université d'été cette année est d'une "particulière gravité", a affirmé la patronne du parti. Elle a mis en garde les uns et les autres contre l'étalage des ambitions personnelles. "La France va mal. Nous ne sommes pas sortis de la crise (...) cette rentrée scolaire va être très difficile (...) la sécurité c'est une catastrophe (...) et vous me demandez de savoir si je vais présenter ma candidature en décembre, en janvier ou en décembre ? Les Français s'en foutent", a-t-elle lancé.

Dans l'ouvrage Petits meurtres entre camarades, paru jeudi, l'ancienne ministre de l'Emploi déclare, entre autres, qu'elle décidera si elle est candidate aux primaires présidentielles du PS avant le début d’année 2011.