Au PS, la réforme des rythmes scolaires fait grogner

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Au PS, la réforme des rythmes scolaires fait grogner
La majorité est de plus en plus critique vis à vis de la réforme des rythmes colaires de Vincent Peillon@ Reuters
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De plus en plus de voix s'élèvent contre la réforme de Vincent Peillon, jusque dans la majorité.

"Si j'avais su…" Ce sont les mots désabusés de Vincent Peillon, il y a quelques jours, à l'un de ses collègues du gouvernement. Le ministre, qui avait fait de la réforme des rythmes scolaires une de ses priorités en arrivant à l'Education nationale, n'imaginait sans doute pas qu'il aurait tant de mal à la mettre en œuvre. A peine 20 % des élèves sont concernés cette année, tandis que les enseignants, les parents, les chronobiologistes et même la classe politique se montrent critiques.

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Un boulet à Paris ? Et si la réaction de Jean-François Copé, qui a appelé jeudi un report de la réforme, n'est pas vraiment surprenante, des voix s'élèvent également à gauche contre ces changements. C'est notamment le cas à Paris, où Bertrand Delanoë a fait appliquer la semaine de quatre jours et demi dans toutes les écoles. Anne Hidalgo, la candidate PS désignée pour prendre sa succession, ne cache plus qu'elle considère cette réforme comme un boulet dans la course aux municipales.

Les députés remontés. Le même son de cloche se fait aussi entendre chez les députés, qui doivent affronter les remarques de leurs électeurs. Beaucoup se plaignent du mauvais accueil qui en est fait en circonscription, et seule la sortie de Jean-François Copé jeudi a permis d'enterrer, au moins temporairement, la hache de guerre. Mais, à mots couverts, certains n'ont pas de mots assez durs pour dénoncer une réforme qu'ils jugent peu efficace.

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Des ajustements en vue. Pour apaiser les tensions, la majorité travaille donc à des ajustements. Par exemple, renforcer l'aide financière pour les communes les plus démunies, afin de leur permettre de proposer plus d'activités aux élèves, ou encore proposer des formations aux personnels d'encadrement, souvent trop peu qualifiés par rapport à l'ampleur de leur tâche. Le gouvernement serait même prêt à retarder le calendrier d'un an, afin de permettre une transition plus souple. Un choix de dernier recours, toutefois, que l'exécutif souhaite éviter à tout prix.