Au PS, la cacophonie se poursuit

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Au PS, la cacophonie se poursuit
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Arnaud Montebourg juge le PS "dans le formol", Jean-Marc Ayrault lui répond "marre des attitudes morbides" : depuis 24 heures, le PS s'oppose à coups de déclarations.

Rappels à l'ordre, invitation au "travail parlementaire" ou proposition d'élargissement de la base des adhérents : au Parti socialiste, les prises de position s'enchaînent, après la crise ouverte par la passe d'armes entre Manuel Valls et Martine Aubry, et le diagnostic d'un PS "mort" posé par Bernard-Henri Lévy, dimanche.

> "Je préfèrerais que tous les socialistes soient" à l'Assemblée pour protester contre le texte de loi Hadopi contre le piratage sur internet "plutôt que de s'envoyer la vaisselle à la figure", a tancé Jean-Marc Ayrault sur Europe 1, mardi matin :

Le patron des députés PS répondait notamment à Arnaud Montebourg, qui avait estimé, la veille, "que le PS était tombé dans le formol".

> Même tonalité chez Marylise Lebranchu, une proche de Martine Aubry : la députée du Finistère a réclamé lundi que les "donneurs de leçon" du PS viennent "avec nous dans la salle des machines". "Loin des plateaux télés, loin des flashes des photographes [...] il y a du travail !" a déclaré la députée, sur France Info.

> Le "frondeur" Manuel Valls a, de son côté, réitéré les appels au "changement" qui avaient pourtant placé le député de l'Essonne au coeur d'une violente passe-d'armes avec la première secrétaire du PS Martine Aubry il y a une semaine."Les organisations politiques sont mortelles et si nous ne nous sommes pas capables de nous dépasser, de faire un effort intellectuel, politique sur nous-mêmes, nous risquons de disparaître", a affirmé l'élu, invité mardi de l'émission "Les quatre vérités", de France 2.

> Jack Lang, qui pose dans le métro en une du Parisien mardi, estime de son côté que "le PS est devenu un arbre sec". Solution proposée par le député socialiste du Pas-de-Calais : "Faire entrer des dizaines de milliers d'adhérents en baissant radicalement le prix des cotisations : 1 euro pour les jeunes."

> Enfin, les députés PS ont lancé mardi un "halte au feu !" à la direction de leur parti. Leur texte vise indirectement leur turbulent collègue de l'Essonne, Manuel Valls. "Chacun est libre de son expression, de son ambition, de l'épanouissement de son talent. Mais pas sur le dos de ses propres amis, pas sur le dos de nos concitoyens qui doivent pouvoir adhérer à un véritable changement politique", protestent les députés PS. Le groupe (quelque 200 députés) a adopté ce texte à l'unanimité lors de sa réunion hebdomadaire. Manuel Valls était absent.