Au gouvernement, "la cohabitation" a déjà commencé

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L’INFO POLITIQUE - Le président est de plus en plus isolé, et certains sont tentés de jouer le jeu de Manuel Valls.

L’INFO. Mercredi, c’est conseil des ministres, et c’est du classique. Mais jeudi, ce sera la première fois que l’ensemble des ministres et des secrétaires d’Etat seront autour de la même table. Ce qui fait dire à certains membres du gouvernement que "la cohabitation" a commencé au sein du couple exécutif… Autant dire que la séquence remaniement n’a pas fait taire les critiques au sein de la majorité, comme l’a raconté mercredi matin Caroline Roux, éditorialiste politique d’Europe 1.

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"Les élus sont KO. Ils en veulent à Hollande". L’un des plus importants ministres du gouvernement explique que, "mécaniquement, le pouvoir s’est installé à Matignon". Une façon de choisir son camp entre Manuel Valls et François Hollande. Et de rajouter ironiquement à propos du président : "ça doit être difficile pour lui 40 points d’écart". Une saynète révélatrice d’un climat et d’une défiance du peuple de gauche à l’encontre du chef de l’Etat. Défiance qui s’est encore accentuée depuis que le gouvernement a fait savoir qu’il n’y aurait pas de délai sur les 3% de déficit public, contrairement aux engagements de Manuel Valls et François Hollande. Ce qui permet à Libération de faire sa Une sur le sujet, avec un titre fort qui veut tout dire : "le PS cocu".

Devant un président chaque jour un peu plus affaibli - selon un sondage OpinionWay pour Le Figaro et LCI publié mardi, il ne serait même pas qualifié pour le second tour de l'élection présidentielle si le 1er tour avait lieu dimanche prochain -, la tentation de jouer la carte Valls existe. On repense à Julien Dray et à son idée d’organiser des primaires en 2017 pour désigner le meilleur candidat de la gauche. "Je passe mon temps avec des pansements à panser les plaies, les élus sont KO. Ils en veulent à Hollande", décrypte un pilier de l’Assemblée nationale. Manuel Valls, lui, n’a qu’à se baisser pour ramasser les rancœurs et les soutiens.

Valls doit se méfier. Le pire pour François Hollande, c’est que même sa garde rapprochée doute désormais de sa capacité de rebond. "Il va encore baisser,  il ne remontera pas à court terme", glisse un de ses proches. Quant à Manuel Valls, toujours à la fête dans les sondages, lui, il va devoir se méfier et recadrer ses alliés. Le danger serait d’apparaître comme celui qui mord les mollets du chef de l’Etat élu par les Français, quand lui a été nommé pour répondre à une colère. Il ne sera autorisé à assumer son ambition qu’à une seule condition : s’il réussit.

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