Attentat à Nice :"On a oublié qu’on était en guerre"

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Pour Christian Estrosi, ancien maire LR de Nice, tous les moyens exigés pour la lutte contre le terrorisme n'ont pas été mis en oeuvre par le gouvernement, malgré l'état d'urgence.

INTERVIEW

Un 14 juillet commencé sous le signe de l’unité et de la cohésion nationale, mais qui s’est achevé dans l’horreur. Jeudi soir, un camion a fauché à Nice hommes, femmes et enfants venus assister en foule au feu d’artifice, faisant au moins 84 morts. Vendredi matin, Christian Estrosi, le président LR de la région PACA et ancien maire de la ville, réclame au micro d’Europe 1 "des réponses claires" de la part du gouvernement.

L'état d'urgence devait se terminer fin juillet. "Le moment venu, lorsque les familles auront fait leur deuil, elles seront en droit d’attendre des réponses précises. Pourquoi a-t-on décidé, hier à midi, de mettre un terme à l’état d’urgence ?", interroge-t-il. "Hier soir, on a jugé après cet acte terroriste à Nice, la 5e ville du pays, de le prolonger pour trois mois". Pour ce responsable, le gouvernement n’a pas pris la mesure de la menace terroriste après une année marquée par les attaques :"Après Charlie Hebdo, on a oublié que le France était en guerre, et pourtant il y a eu le Bataclan… Après le Bataclan, on a oublié qu’on était en guerre et pourtant il y a eu Bruxelles… Après Bruxelles, l’Europe et la France ont oublié qu’elles étaient en guerre, et il y a eu Nice", a-t-il martelé.

Un dispositif insuffisant ? Le responsable dénonce des failles, selon lui, dans le dispositif de sécurité imposé par l’état d’urgence et déployé jeudi dans le cadre des festivités du 14-Juillet. "Pourquoi et comment cet homme a pu pénétrer sur la promenade des Anglais qui était piétonnisée ? Combien de policiers nationaux protégeaient cet événement ? Toutes ces questions devront trouver des réponses alors que nous étions en état d’urgence et en plan Vigipirate avancé".

Pour  Christian Estrosi, le dispositif de lutte et de surveillance contre le terrorisme doit être renforcé. "Un certain nombre de moyens sont censés être mis en œuvre par les services de renseignement pour surveiller les conversations sur les réseaux sociaux, les relations des uns et des autres. Il y a forcément des complicités. Le gouvernement ne peut pas reconnaître qu’il s’agit d’un attentat terroriste et en même temps ne pas apporter d’éléments sur la manière dont s’organise le terrorisme sur le territoire national", a-t-il estimé. "Les moyens que j’ai réclamé sans cesse n’ont pas forcement été apportés à la ville et à la métropole dont j’ai eu la charge", déplore-t-il encore.

Entendu sur Europe 1
L’état d’urgence c’est un outil, c’est des méthodes.
Stéphane Le Foll

Un temps de compassion. Egalement interrogé par Europe 1, Stéphane Le Foll, porte-parole du gouvernement, a choisi de ne pas polémiquer avec l’opposition à l’heure de la stupeur et du recueillement : "Je vais laisser ceux qui veulent discuter, alors qu’il faut ce matin penser aux victimes et agir pour soigner les blessées." "On aura sûrement des discussions après, mais aujourd’hui c’est d’abord la mobilisation et la compassion pour toutes les victimes", a-t-il ajouté.

"Il n’a jamais été question d’envisager, de quelque manière que ce soit, de dire qu’il n’y avait plus de menaces", répond néanmoins le ministre de l'Agriculture face aux premières critiques de la droite. "On a toujours mobilisé les moyens nécessaires". Il ajoute : "Nous sommes en état d’urgence. L’état d’urgence c’est un outil, c’est des méthodes. […] Le président s’est exprimé cette nuit, l’état d’urgence sera prolongé", avant de préciser qu’ "il y aur[ait] peut-être d’autres mesures".


Stéphane Le Foll : « Il faut penser aux...par Europe1fr

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