Attali : "il faut une Europe fédérale"

  • A
  • A
Attali : "il faut une Europe fédérale"
Jacques Attali estime qu'une Europe fédérale "pourrait emprunter 5.000 milliards d'euros pour faire de grands investissements".@ EUROPE 1
Partagez sur :

L’économiste et écrivain a plaidé dimanche pour un changement d’organisation de l’Union.

Ces derniers temps, Jacques Attali ne s’est pas forcément signalé par un optimisme débordant au moment d’évoquer l’avenir de la France et de l’Europe. Dimanche, dans le cadre du Grand rendez-vous Europe 1/iTélé/Le Parisien-Aujourd’hui en France, l’écrivain et économiste a pourtant évoqué une France à "l’extraordinaire potentielle, (…) extraordinairement prospère". Quant à l’Europe, elle "peut être la plus grande puissance du monde au 21e siècle", a estimé l’ancien conseiller de François Mitterrand.  Qui pose tout de même de sérieuses conditions.

Et la première d’entre elle, c’est que l’Union se mue en Europe fédérale. "C’est la condition de la richesse de l’Europe, c’est la condition de la richesse de la France et contrairement  à ce qu’on croit, c’est la condition de la souveraineté nationale", a affirmé Jacques Attali.  "Le monde est fait de grands espaces. Les Etats-Unis en sont un et ils ont un budget fédéral. L’Europe en tant qu’entité n’a pas de dette. Si elle se dote d’un budget fédéral, elle peut emprunter 5.000 milliards d’euros pour faire des investissements. Pourquoi s’en priver ? "

"Si l’Europe se dote d’un budget fédéral…" :

 

Pour Jacques Attali, l’euro ne sauvera qu’à cette condition.  "S’il n’y a pas d’avancée rapide vers l’Europe fédérale, l’euro va disparaître", a prévenu l’économiste. "L’euro ne passera pas le mandat du prochain président de la République si l’Europe ne devient pas une puissance fédérale. Je le dis depuis la création de l’euro" a-t-il martelé.

L’ex-conseiller du président Mitterrand a également estimé que les banques n’avaient pas été assez contraintes à redistribuer l’argent qui leur avait été prêté. "J’aurais aimé que le gouverneur de la Banque centrale et les pays d’Europe disent : ‘puisqu’on  a fait de tels cadeaux aux banques, il faut qu’elles les rendent ‘", a-t-il regretté. "Ça veut dire pas de bonus, la garantie de l’emploi, la réduction des dividendes, une augmentation de captal, une limitation ou une réduction des opérations spéculatives. Or, c’est tout le contraire qui se passe", a déploré Jacques Attali.

Jacques Attali veut faire payer les banques :