Arrachage sauvage de plus de 5.000 pieds de vigne dans le Sancerre

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Arrachage sauvage de plus de 5.000 pieds de vigne dans le Sancerre
Un viticulteur de Bué, dans le Cher a découvert samedi matin sa vigne dévastée. (Illustration)@ AFP
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Des rivalités opposent les viticulteurs tenants de l'appellation d'origine contrôlée (AOC) et ceux des vins sous label IGP autour de l’appellation Sancerre.

Un viticulteur du Sancerrois a porté plainte ce week-end contre l'arrachage sauvage de 5.600 pieds de sauvignon sur une parcelle à Saint-Satur dans le Cher. Le méfait a été attribué dans le milieu viticole à des opposants à ce cépage pour le label IGP, source pour certains de confusion et de fraudes.

12.000 euros de préjudice. Le viticulteur de Bué, dans le Cher a découvert samedi matin sa vigne dévastée, a indiqué la gendarmerie de Sancerre, sans révéler l'identité du plaignant. Le viticulteur a estimé son préjudice à 12.000 euros pour l'arrachage de cette vigne plantée au printemps, avec des premières vendanges prévues dans trois ans. 

"Ce qui devait arriver est arrivé". "Nous condamnons fermement de tels agissements... Mais cela fait deux ans et demi que nous tirons la sonnette d'alarme en demandant que l'administration prenne des mesures de restriction pour empêcher la plantation dans le Sancerrois en IGP (indication géographique protégée, NDLR) de sauvignon et de pinot noir", les deux cépages de l'AOC Sancerre, a déclaré Gilles Guillerault, président de l'Union viticole sancerroise, qui défend les intérêts des viticulteurs en AOC. "L'administration n'a pas pris ses responsabilités et les mesures adéquates... Ce qui devait arriver est malheureusement arrivé", a ajouté Gilles Guillerault. 

"Ce n'est pas du sancerre". Pour les viticulteurs tenants de l'appellation d'origine contrôlée (AOC), la plantation des deux cépages emblématiques du Sancerre devrait être interdite aux vins sous le label IGP, institué par l'Union européenne et qui recouvre l'ancienne notion de "vin de pays". "Ça a l'odeur du sancerre, ça en a la couleur, mais ça n'en est pas. Le message auprès du consommateur est donc moins évident, la classification devient floue pour lui. C'est un préjudice à moyen terme", avait ainsi déclaré en octobre Nathalie Prieur, directrice de l'Union viticole sancerroise, au quotidien régional Le Berry Républicain.
"Il est trop facile de mettre un vin de pays et un vin AOC dans une même cave", dénonçait également un viticulteur auprès du journal régional, laissant ainsi planer un soupçon de fraude sur les producteurs