Danjean : "Des services de renseignements européens seraient une incantation chimérique"

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Tous les ministres de l’Intérieur et de la Justice de l'Europe ont rendez-vous jeudi après-midi à Bruxelles. Une réunion extraordinaire avec une seule question sur la table : comment lutter efficacement contre le terrorisme ? 

INTERVIEW

Tous les ministres de l’Intérieur et de la Justice ont rendez vous jeudi après midi à Bruxelles. Une réunion extraordinaire avec une seule question sur la table : comment les 28 pays membres de l’Union Européenne peuvent-ils lutter efficacement contre le terrorisme ? Une question à laquelle il va être difficile de répondre selon Arnaud Danjean, le député européen Les Républicains et spécialiste des questions de défense et de renseignement, invité d'Europe midi jeudi. 

"L'Europe n'a pas de compétences". Il faut l'admettre, la grande différence entre les attentats de Bruxelles et les autres, c’est que ceux-ci ont eu lieu dans la capitale de l’Europe et même dans le quartier européen lui-même pour l’explosion dans le métro. Pour la première fois, cela touche tous les pays. Et les différents Etats membres vont donc devoir œuvrer ensemble pour lutter contre le terrorisme. Mais le problème, comme l'explique Arnaud Danjean, c'est que, "sur la sécurité et le renseignement, l’Europe n’a pas vraiment de compétences. Avec les structures actuelles et les traités, ce sont les Etats membres qui font fonctionner cette sécurité". Pour cet ancien de la DGSE, "un service de renseignement européen n’aurait donc aucune plus-value". 

Un renseignement de terrain. Arnaud Danjean préconise donc "un renseignement de terrain". Il a en effet expliqué sur Europe 1 qu' "il y a un manque de renseignements de terrain pour alerter au plus vite les acteurs et leur dire qu’il y a des gens suspects en liberté". Selon le spécialiste des questions de défense, "ce n’est pas une super structure à Bruxelles qui va régler ce renseignement de terrain. Je ne crois pas à des services de renseignement européen, c’est une incantation chimérique". Arnaud Danjean préconise donc "une plateforme interconnectée avec différents fichiers, alimentée par tous les Etats membres. Il faut interconnecter tout cela, c’est le rôle de l’Europe et il faut ensuite alimenter ces fichiers, et ça, c’est le rôle des Etats membres". 

Le PNR : une solution ? Arnaud Danjean souhaiterait également que le PNR, ce fichier qui permet de suivre les déplacements d’individus soit adopté au plus vite mais il craint qu'il ne soit à l'ordre du jour qu'au mois de mai car, "la directive PNR, après cinq ans de négociations, a été agréée par les différents acteurs en décembre dernier. Maintenant, c’est donc uniquement une question de procédure pour que le Parlement européen le mette à l’ordre du jour. Maintenant, il faut l’adopter et il y a des postures idéologiques et politiques qui sont insupportables".