Aquilino Morelle : "Mon livre n'est pas un règlement de compte"

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L'ancien conseiller de François Hollande a expliqué, jeudi sur Europe 1, qu'il avait préservé la vie privée du président dans son livre L'abdication.

INTERVIEW

Seul, lâche et un peu traître sur les bords : le portrait de François Hollande dressé par Aquilino Morelle dans son livre L'abdication (éd. Grasset) est bien peu flatteur. Pourtant, loin de lui l'idée de nuire à celui qui fut son patron. "Ce n'est pas un règlement de compte", a assuré Aquilino Morelle jeudi, dans le Club de la Presse sur Europe 1.

"Accablé" après son éviction. "Si j'avais voulu écrire un règlement de compte, je n'aurais pas écrit ce livre et je ne l'aurais pas publié à ce moment-là. Je l'aurais, comme d'autres, écrit sous le coup de la colère et publié en octobre ou novembre 2014", a poursuivi l'ancien conseiller de l'Élysée. "J'étais dans l'incapacité de le faire car j'étais absolument accablé." Aquilino Morelle avait en effet été poussé à la démission en avril 2014 après des révélations, notamment, sur un conflit d'intérêts entre ses activités à l'Igas et l'industrie pharmaceutique. Une affaire finalement classée sans suite.

Une "critique" plus qu'un règlement de compte. Aujourd'hui, l'ex-conseiller estime que son livre est "une critique" de l'action présidentielle. "Je ne raconte pas ce que j'ai pu voir de mes yeux voir lorsque j'étais conseiller politique du président. Vous avez le droit, et même le devoir de faire une critique si vous êtes comme moi un citoyen de gauche", a-t-il expliqué. L'aurait-il publié s'il n'avait pas été évincé ? "Je ne serais pas resté jusqu'au bout", a-t-il affirmé. "J'ai failli partir, comme d'autres, après Florange." Et l'ex-conseiller d'expliquer qu'il est resté pour "de l'intérieur, infléchir, résister, tenir, corriger, rappeler les engagements du Bourget. C'était une position de responsabilité". 

"Le président a tourné le dos aux engagements du candidat". Aquilino Morelle, co-rédacteur du discours du Boruget, a par ailleurs nié savoir que François Hollande été libéral. "Je l'ai découvert a posteriori", a-t-il martelé. "C'est pour ça que je me suis engagé avec des millions de Français. Le président Hollande a [ensuite] tourné le dos aux engagements du candidat Hollande."

La gauche "va se sauver elle-même". Aquilino Morelle, qui soutient Arnaud Montebourg pour la primaire de la gauche, s'est néanmoins attaché à rester optimiste quant à l'avenir de la gauche. "Elle va se sauver elle-même, avec son goût du débat, des mots, de l'action et son aspiration séculaire au rêve et à l'idéalisme."