Après le verdict du procès Xynthia, des élus s'inquiètent

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Après le verdict du procès Xynthia, des élus s'inquiètent
@ REUTERS/Regis Duvignau
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Après les quatre ans de prison fermes infligés à l'ex-maire de la Faute-sur-mer, certains élus locaux ont le sentiment d'être livrés à eux-mêmes dans la gestion de risques "bien trop lourds".

La décision de justice inquiète les maires de France. Après la prison ferme infligée à l'ex-maire de la Faute-sur-mer et à son adjointe, pour la mort de 29 personnes lors de la tempête Xynthia, certains élus locaux ont le sentiment d'être livrés à eux-mêmes. Ils estiment devoir gérer des risques "bien trop lourds" à leurs yeux.

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Quatre ans de prison fermes. René Marratier et Françoise Babin, ont été condamnés pour homicide involontaire respectivement à quatre et deux ans de prison ferme. La justice leur reprochait notamment d'avoir approuvé la construction de maisons de plain-pied, sans un premier étage, malgré le risque important de submersion d'une digue censée protéger les habitations.

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L'Etat sommé de revoir sa politique de prévention. A l'image de plusieurs élus du littoral, l'Association des maires ruraux de France (AMRF) s'est émue du jugement "extrêmement sévère" du tribunal correctionnel des Sables-d'Olonne. L'AMRF s'est étonnée que "toute la chaîne de responsabilité - du demandeur de permis de construire aux différents acteurs du dossier - ne soit pas concernée par ce jugement".

Elle a appelé l'Etat à "revoir d'urgence" sa politique de prévention et à "aider les collectivités à mieux gérer l'espace avec des moyens humains et matériels".

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"Ecoeuré et outré!", le maire UMP de Port-Vendres, dans les Pyrénées-Orientales, Jean-Pierre Romero, résume le sentiment d'un grand nombre d'élus de petites communes, parfois victimes des situations héritées de leurs prédécesseurs. A Port-Vendres, par exemple, "des maisons ont été construites en zones inondables", explique Jean-Pierre Roméro tout en soulignant qu'il n'est pas "celui qui a délivré ces permis de construire".

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La faute des propriétaires ? Sa commune de 4.000 habitants attend son classement en état de catastrophe naturelle depuis les inondations de fin novembre qui ont fait un mort dans la région. Instruit par cette douloureuse expérience, Jean-Pierre Roméro dit avoir "fait annuler la construction d'un restaurant en zone inondable", car "il faut être strict". Mais à la Faute-sur-mer comme ailleurs, Jean-Pierre Romero pointe aussi du doigt la responsabilité des propriétaires : "les gens ont bien acheté les maisons, non?".