Amiens : Valls prône "l'ordre républicain"

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Amiens : Valls prône "l'ordre républicain"
Le locataire de la place Beauveau a été apostrophé par plusieurs riverains.@ Reuters
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Le ministre de l'Intérieur a été chahuté et hué à son arrivée à la mairie de quartier.

Quelques heures après les violences qui ont fait 17 blessés, la tension était toujours palpable à Amiens. Lors de sa visite mardi après-midi à la mairie de quartier d'Amiens-Nord, le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a été légèrement chahuté et hué à son arrivée vers 15h30.

Le locataire de la place Beauveau a été apostrophé par plusieurs riverains, dont Youssef, 25 ans, qui a demandé au ministre de "répondre à ses questions": "arrêtez de fuir, rendez nous nos droits", a-t-il ajouté, en compagnie d'autres habitants. Une bousculade a eu lieu avec le service d'ordre du ministre, mais il n'y a pas eu de coups ni d'un côté ni de l'autre.

"Des animaux"

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© Reuters

Manuel Valls s'est refusé à répondre et est rentré dans les locaux de la mairie de quartier. Il a ensuite rencontré la famille d'un jeune de 20 ans, mort jeudi après un accident de moto. Les incidents qui se sont déroulés dans la nuit de lundi à mardi font suite à des heurts dimanche entre des habitants du quartier et la police, qui procédait au contrôle routier d'un automobiliste ayant une conduite dangereuse.

Cette intervention des forces de police a été jugée excessive par certains riverains, alors que la famille et les proches du jeune homme décédé jeudi étaient réunis à proximité pour une cérémonie de deuil. L'intervention fait l'objet d'une enquête administrative diligentée par la préfecture.

"On veut des sanctions contre les policiers qui n'ont pas respecté le deuil, c'était de la provocation, on nous a considérés comme des animaux", a déclaré la mère du jeune décédé à l'issue de cette rencontre avec Manuel Valls. "Le ministre nous a dit que l'intolérable, c'était les policiers blessés", a-t-elle ajouté.

"Pas venu pour qu'on passe au Kärcher ce quartier"

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© Capture BFM TV

Lors d'une conférence de presse, le ministre de l'Intérieur a insisté sur le "message d'ordre républicain" qu'il est venu délivrer dans un quartier où "la justice doit retrouver toute sa place". Mais selon Manuel Valls, "rien ne peut excuser, rien, qu'on tire sur des policiers, qu'on tire sur des forces de l'ordre et qu'on brûle des équipements publics", a martelé le ministre.

Le ministre de l'Intérieur qui a rappelé qu'Amiens-Nord faisait partie des "zones de sécurité prioritaires" déterminées par le gouvernement. "Je ne suis pas venu pour qu'on passe au Kärcher ce quartier, je ne suis pas venu pour mettre en cause une communauté, des jeunes dans leur ensemble, je suis venu dire qu'ici (...) la loi et la justice doivent passer. Il ne peut pas y avoir dans notre pays une autre réponse", a répété Manuel Valls.

>> Sécurité : ces villes dites "prioritaires"

Deux compagnies de CRS

Cent policiers supplémentaires ont été envoyés en renfort pour la nuit de mardi à mercredi à Amiens. Cela porte à 250 le nombre d'agents mobilisés sur place, a annoncé le ministère de l'Intérieur.

Les renforts sont composés de deux compagnies de CRS, qui disposent d'engins lanceurs d'eau anti-émeute, d'une trentaine de policiers des départements voisins et de fonctionnaires de la police judiciaire. Un hélicoptère de la gendarmerie est également mobilisé.