Ambiance morose dans le QG de Valls

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La campagne du second tour de la primaire s'annonce difficile pour le Premier ministre sortant. En face, Benoît Hamon engrange déjà un soutien de poids avec Arnaud Montebourg.

REPORTAGE

Il ne s’avoue pas vaincu, même si pour ses soutiens, le résultat est dur à avaler. Les sympathisants de Manuel Valls ont eu à essuyer un double coups de massue dimanche soir : l’annonce des résultats, plutôt défavorables à un candidat un temps présenté comme le favoris, puis l’appel d’Arnaud Montebourg à voter Benoît Hamon, arrivé en tête du premier tour de la primaire de la gauche.

"C’est à pleurer". Au QG de campagne, dans le 7e arrondissement, les militants étaient peu nombreux, et contraints de reconnaître que Benoît Hamon a fait une meilleure campagne. "La dynamique a été créée par Benoît Hamon parce qu’il a avancé un certain nombre de propositions intéressantes pour la gauche, et qui sont en débat", reconnaît un sympathisant de Manuel Valls. "C’est à pleurer", déplore de son côté Marcel, fidèle vallsiste. "Il y a peu de réalisme dans la candidature de Benoît Hamon. C’est une utopie. J’aurais bien vu son programme dans les Trente Glorieuses, lorsque l’on pouvait rêver et se permettre de rêver. Manuel Valls apportait un sérieux, une expérience en tant que ministre et Premier ministre. Maintenant il est deuxième, et l’alliance Montebourg/Hamon va sûrement l’éliminer".

Quand on regarde ce résultat, ça a l’air impossible

"Benoît Hamon est en ballottage très, très favorable. On se doutait que le second tour serait compliqué, mais en tous cas cette configuration est nettement plus favorable à Benoît Hamon. J’ai 45 ans, j’ai fait beaucoup d’élections, et quand on regarde ce résultat, ça a l’air impossible", analyse un troisième militant au micro d'Europe 1.

Valls repart à l'offensive. Pourtant, le mot ‘impossible’, ne fait pas partie du vocabulaire de Manuel Valls, même s’il a conscience de la difficulté. L’ex-Premier ministre est directement repassé à l’offensive dimanche soir, pour lui, Benoît Hamon est la garantie de faire gagner la droite en mai. "Un choix très clair se présente désormais à nous, entre la défaite assurée et la victoire possible, entre des promesses irréalisables et infinançables et une gauche crédible qui assume les responsabilités du pays", a-t-il lancé.

Ce procès en crédibilité, Manuel Valls devrait l’instruire toute la semaine. "On va cogner", lâche l’un de ses lieutenants. "Manuel n’a pas le choix, il doit détruire Hamon au débat mercredi soir, sinon on est mort".