Alliance avec Macron : Bayrou veut construire la "crédibilité d'un courant politique central"

Le président du MoDem, François Bayrou, lors de l'annonce de sa proposition d'alliance à Emmanuel Macron, le 22 février.
Le président du MoDem, François Bayrou, lors de l'annonce de sa proposition d'alliance à Emmanuel Macron, le 22 février. © JACQUES DEMARTHON / AFP
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avec AFP , modifié à
Le président du MoDem a confirmé jeudi son souhait de construire avec Emmanuel Macron une nouvelle force centriste. 

Porter haut le message de sa main tendue au candidat d'En Marche. C'est désormais le credo du président du MoDem François Bayrou. Invité sur le plateau de RTL jeudi matin, le Béarnais a précisé les ambitions de son "offre d'alliance" avec Emmanuel Macron à la présidentielle : "changer le paysage politique" en asseyant la "crédibilité" d'un "courant politique central".

Sortir du monopole gauche-droite. "J'ai fait à Emmanuel Macron une offre d'alliance qui est en effet inédite (...) parce que je pensais qu'il était très important de changer le paysage politique", a déclaré le maire de Pau sur RTL. La maire de Pau a affirmé qu'il voulait sortir "de ce monopole à deux qui était exercé par le Parti socialiste d'un côté et le courant de droite UMP puis Républicains". "Pour cela, il fallait que s'édifie, que se construise, une crédibilité d'un courant politique central", a-t-il dit. "J'y ai travaillé pendant longtemps, on a failli y arriver en 2007", année où François Bayrou est arrivé troisième de la présidentielle.

Faire barrage au Front national. Après une série de tacles à l'encontre d'Emmanuel Macron les mois précédents sa décision, François Bayrou répète désormais que le candidat d'En Marche! et lui-même se trouvent sur "le même terrain politique", "avec des différences dont on parlera". Pour justifier sa renonciation, le président du MoDem a répété ne pas avoir voulu prendre le risque que leur affrontement à la présidentielle débouche sur un "deuxième tour (qui) pouvait être (...) pour beaucoup de Français impossible, entre des candidats de gauche ou de droite et Mme Le Pen". 

"Un petit sacrifice." Rejetant catégoriquement l'idée d'un "effacement", mais concédant "un petit sacrifice", François Bayrou a dit avoir pris sa décision il y a "à peu près une semaine". "Je pense qu'il a été touché", a-t-il également estimé à propos d'Emmanuel Macron, qui "était dans une passe un peu difficile". "Le sentiment qu'il a eu je pense c'est qu'on était dans un moment important pour lui, mais pas seulement pour lui, pour le changement de la vie politique française", a encore dit François Bayrou.