Alain Juppé : "Si le gouvernement recule, il ne pourra plus agir"

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LOI TRAVAIL - Le candidat à la primaire de la droite a fustigé, mercredi sur Europe 1, l'impuissance de l'exécutif face aux blocages, notamment de la CGT.

INTERVIEW

C'est un regard très sévère qu'Alain Juppé a porté, mercredi, sur l'action du gouvernement en ces temps de grogne sociale. Pour le candidat à la primaire de la droite, le pouvoir "est totalement discrédité, donne l'apparence de l'impuissance" et reste "dans le déni de réalité". Citant les blocages des raffineries et des dépôts de carburant qui se poursuivent, l'ancien Premier ministre a appelé François Hollande à "prendre des décisions". "Il y a trop d'attentisme."

Sentiment d'impuissance. Retirer la loi El Khomri, qui cristallise les colères syndicales, ne serait cependant pas une solution aux yeux du candidat à la primaire. "Le gouvernement s'est mis dans une impasse", estime Alain Juppé. "Si aujourd'hui il recule, le sentiment d'impuissance qu'il donne s'aggravera encore et il ne pourra plus agir." Quid, alors, d'un référendum sur la loi Travail ? "C'est une décision qui appartient au président de la République", reconnaît simplement le maire de Bordeaux. Selon lui, néanmoins, il est peu probable que l'exécutif choisisse cette option. "Le pouvoir, affaibli comme il l'est, ne va pas prendre le risque d'un référendum" qui pourrait le désavouer.

Ne reste plus, donc, qu'à attendre la poursuite des travaux parlementaires autour de la loi El Khomri. Celle-ci sera examinée par le Sénat en juin, avant de revenir à l'Assemblée le mois suivant. "C'est là que le gouvernement aura à apprécier ce qu'il doit changer" dans le texte "ou ne pas changer", indique Alain Juppé.

L'exécutif principal responsable. Si l'ex-Premier ministre charge la CGT, estimant qu'il s'agit d'une "organisation syndicale fragilisée qui fait dans la surenchère", il ne s'est pas privé de faire porter la "responsabilité principale" de la crise actuelle au gouvernement. "Il s'est engagé dans cette réforme en dépit du bon sens. Je comprends le sentiment de trahison de l'électorat et des parlementaires. Monsieur Hollande essaie de faire quelque chose aujourd'hui qui est en contradiction avec le discours qu'il tenait quand il était candidat. C'est ça qui ne peut pas marcher."