Alain Juppé et NKM, une alliance de circonstance contre Nicolas Sarkozy

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Alain Juppé et NKM, une alliance de circonstance contre Nicolas Sarkozy
@ Nicolas Mollo / AFP
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L'ENNEMIE DE MON ENNEMI - En encourageant ses soutiens à offrir leur parrainage à NKM, le maire de Bordeaux apparaît comme le garant d'une primaire apaisée. Tout le contraire de Nicolas Sarkozy.

La rencontre au bord de l'océan avait été savamment préparée. Dimanche, à Hossegor, Alain Juppé et Nathalie Kosciusko-Morizet se sont retrouvés pour une séance photo sous les parasols au bord de l'océan. Le maire de Bordeaux, venu avec sa femme Isabelle pour soutenir l'ancienne ministre de l'Environnement, a "vivement" encouragé ses amis à lui offrir leur parrainage. Et ce, afin que NKM puisse se présenter à la primaire de la droite, en novembre prochain.

"Moment sympa". Les marques d'affection ont été nombreuses et réciproques. "Merci Alain pour tes mots chaleureux", a déclaré la députée de l'Essonne, en campagne sur le littoral atlantique pour trouver les soutiens qui lui manquent. Le maire de Bordeaux, quant à lui, s'est fendu de plusieurs tweets pour raconter le "moment sympa" vécu avec NKM. 



Gagnant-gagnant. Si elle reste fair-play, cette alliance de circonstance est surtout très utile aux deux candidats déclarés à la primaire. NKM a besoin de parrainages : alors que les candidatures doivent être déposées avant le 9 septembre, l'élue affirme n'avoir réuni que "deux-tiers" des signatures nécessaires (celles de 250 élus, dont au moins vingt parlementaires, et de 2.500 adhérents) pour pouvoir se présenter. Alain Juppé, lui, en a plein les poches et pourra sûrement compter sur le soutien de l'élue de l'Essonne au second tour. Son attitude lui permet aussi, et surtout, d'apparaître comme le garant d'un scrutin apaisé et pluriel. "La primaire, ça n'est pas la guerre", a-t-il d'ailleurs fait valoir sur les réseaux sociaux.



Anti-Sarkozy. Le maire de Bordeaux apparaît ainsi comme l'anti-Nicolas Sarkozy, que NKM accuse de vouloir verrouiller la primaire. Le président des Républicains, qui n'a pas encore officialisé sa candidature, est montré du doigt par son ancienne ministre pour ne pas communiquer les précieux fichiers d'adhérents du parti à ses adversaires, très utiles pour chercher les soutiens. "Le parti ne fait pas son travail pour informer les adhérents", estime également l'élue de l'Essonne.

Nicolas Sarkozy a beaucoup joué avec les nerfs de ses concurrents en tentant d'infléchir le scrutin à plusieurs reprises, comme sur le sujet sensible du vote des Français de l'étranger ou celui des investitures aux législatives. Tout au long de l'été, il a adopté la posture d'un candidatsans se déclarer. Ce qu'il devrait (enfin) faire la semaine prochaine.