Agression d'Houria : "Il n'y a pas eu de dysfonctionnement, mais l'aboutissement est révoltant"

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La secrétaire d'Etat chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes est revenue au micro d'Europe 1 sur l'agression de cette mère de famille par son ex-mari, alors qu'elle était déjà encadrée par les services sociaux.

INTERVIEW

Elle l'avait déjà rencontrée en novembre. Mardi, Marlène Schiappa, la secrétaire d'Etat chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, s'est rendue au chevet de Houria, cette femme de 34 ans, poignardée par son ex-mari. "Elle va mal, les médecins me disent que sa vie est en danger. Elle a été plongée dans le coma, elle a fait plusieurs arrêts cardiaques après avoir été poignardée à deux reprises dont une fois à l'aisselle, ce qui lui a perforé le poumon", a rapporté la responsable gouvernementale au micro d'Europe 1.

La victime, déjà placée à l'abri. La victime avait déjà alerté Marlène Schiappa sur sa situation, à l'occasion d'un déplacement à Angoulême. Cette dernière avait alors fait en sorte que cette Algérienne obtienne rapidement un titre de séjour. La ministre estime toutefois que la victime était "très bien suivie"."Sur cette affaire, il n'y a pas de dysfonctionnement par rapport au texte, mais l'aboutissement est révoltant", déplore-t-elle.

"C'est d'autant plus terrible qu'Angoulême est un territoire d'excellence dans la lutte contre les violences conjugales avec des protocoles de prévention […] Cette femme était très bien suivie par un centre qui s'appelle 'Parenthèse', avec des travailleurs sociaux extrêmement mobilisés qui l'avaient mise à l'abri. Elle était dans une maison cachée, hébergée avec ses trois enfants, et son ex-conjoint l'a retrouvée, l'a pistée et s'est jeté sur elle", rapporte la secrétaire d'Etat.

Transmission des informations. Alors que l'agresseur faisait l'objet d'une demande de quitter le territoire, et avait déjà été condamné pour des violences, "les services de la justice n'avaient pas indiqué à la dame ni aux travailleurs sociaux que cet homme avait été de nouveau remis en liberté", explique Marlène Schiappa. "Ça c'est un problème. Là où l'on doit travailler en termes de politique publique, c'est sur la transmission des informations", pointe-t-elle. "Cette dame se pensait protégée parce qu'elle pensait qu'il était sur le point d'être expulsé", relève encore Marlène Schiappa qui évoque l'ouverture d'une éventuelle enquête administrative sur cette affaire.