Affaires européennes : dix ministres en dix ans

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Affaires européennes : dix ministres en dix ans
Thierry Repentin, dixième ministre chargé des Affaires européennes en dix ans.
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Thierry Repentin a été nommé à ce poste qui sert souvent de tremplin avant d'autres ministères.

Juin 2002 - mars 2004 : Noëlle Lenoir (21 mois)
 Mars 2004 - juin 2005 : Claudie Haigneré (15 mois)
 Juin 2005 - mai 2007 : Catherine Colonna (23 mois)
 Mai 2007 - décembre 2008 : Jean-Pierre Jouyet (19 mois)
 Décembre 2008 - juin 2009 : Bruno Le Maire (6 mois et demi)
 Juin 2009 - novembre 2010 : Pierre Lellouche (16 mois et demi)
 Novembre 2010 - juin 2011 : Laurent Wauquiez (10 mois et demi)
 Juin 2011 - mai 2012 : Jean Leonetti (11 mois)
 Mai 2012 - mars 2013 : Bernard Cazeneuve (10 mois)
 Depuis le 19 mars 2013  : Thierry Repentin

La longévité n'est pas le fort des hommes et femmes politiques chargés du portefeuille des Affaires européennes. Dix ministres se sont ainsi succédé ces dix dernières années au poste de "ministre", "secrétaire d'Etat" ou "ministre délégué" chargé des Affaires européennes. Sous la seule présidence de Nicolas Sarkozy, on compte cinq ministres à ce poste. Leurs missions sont d'ailleurs peu précises : le ministère explique sur son site "confirme[r] son engagement pour la construction européenne et exprime[r] la position française relative aux grands dossiers européens." A noter pourtant que la coordination des différents ministères sur les questions européennes relève, elle, du Secrétariat général des Affaires européennes (SGAE),  qui est directement rattaché au Premier ministre.

"Un signal désastreux à l'Europe ". Avec le nouveau jeu de chaises musicales provoqué par l'affaire Cahuzac, Bernard Cazeneuve quitte les Affaires européennes pour prendre la tête du ministère du Budget. C'est Thierry Repentin, jusqu'alors ministre délégué à la Formation professionnelle, qui le remplace. Encore une fois, le ministre en charge des Affaires européennes aura fait long feu. Et encore une fois, il s'agit d'un profil peu connu pour son engagement européen. "La marotte de Thierry Repentin n’est pas du tout l’Europe, mais le logement, dont il est le spécialiste reconnu au Parti socialiste. 'Son rêve est d’être ministre du Logement. Il espérait remplacer Cécile Duflot si elle était élue maire de Paris', raconte un proche", rapporte EurActiv.fr, site spécialisé sur les affaires européennes.

Sa nomination a donc aussitôt fait réagir en ligne :



"On ne pouvait envoyer un signal plus désastreux à l'Europe", regrette l'ancienne ministre de la Santé Roselyne Bachelot dans une tribune sur le Huffington Post. "Il est navrant de constater une fois de plus que la droite comme la gauche ne considère le poste de ministre des affaires européennes que comme un CDD qu'on assure en attendant mieux."

Le point de vue d'Isabelle Ory, correspondante d'Europe 1 à Bruxelles : "C'est un poste qui à mon sens pourrait être intéressant et important mais qui semble plutôt servir de tremplin vers des ministères plus ambitieux. Il est d'ailleurs rare que les personnes nommées connaissent bien les affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet étant l'une des exceptions : il avait vraiment envie de ce poste-là. A l’époque, il avait demandé (sans succès) d’avoir la tutelle sur le secrétaire général des affaires européennes (SGAE), l’administration qui détient le vrai pouvoir décisionnaire sur la position de la France dans les affaires européennes, et qui  dépend de Matignon. Ce qui est frappant, c'est que les ministres des Affaires européennes ont tous juré qu'ils étaient de grands européens lorsqu’ils ont pris leur poste. Mais six mois après, ils étaient partis, sans état d’âme. C'est simplement une antichambre avant un poste plus important."