Affaire MAM : "On est dans l’indécence"

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Affaire MAM : "On est dans l’indécence"
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REACTIONS - La gauche appelle la ministre à démissionner. L’UMP lui offre son soutien, mesuré.

L'étau se resserre autour de Michèle Alliot-Marie. La ministre des Affaires étrangères doit elle démissionner ? La question a de nouveau agité la classe politique ce week-end, après les révélations du Nouvelobs.com. Samedi, le site internet a révélé que la ministre des Affaires étrangères n'avait pas utilisé une fois, mais deux fois, le jet privé d'un de ses amis tunisien et homme d'affaires Aziz Miled, pendant les vacances de Noël, alors que la "révolution de Jasmin" avait débuté.

"Ses arguments sont tellement lamentables"

Au lieu de calmer l’opposition, la nouvelle défense de Michèle Alliot-Marie, faisant valoir que "quand (elle) était en vacances, elle n'était pas ministre des Affaires étrangères" a encore plus hérissé à gauche. Premier à ouvrir le bal des attaques, dimanche matin : le chef de file des députés socialistes Jean-Marc Ayrault. "On est toujours ministre de la République, qu'on soit en vacances ou en activité, on ne se met pas entre parenthèses". "Ses arguments sont tellement lamentables. "On est dans l'indécence", a ajouté, virulent, Jean-Marc Ayrault.

Interrogé sur Europe 1 samedi matin, Daniel Cohn-Bendit avait fustigé l'attitude "extrêmement bête" de la ministre, ajoutant "ça m'embête de taper sur la bêtise". Qualifiant la situation de "complètement aberrante", il a expliqué qu'elle "est à l'image des comportements des gouvernements à l'égard de la Tunisie" et d'une forme d'"amnésie" ayant consisté à ne pas voir "le backchiche, la corruption" en vigueur sous le régime de l'ex-président tunisien Ben Ali.

Même tonalité du député Julien Dray, dimanche matin, sur Radio J. Comment "une ministre peut passer à côté de ce qui se passe dans un pays (...). Pour elle, tout ça est peccadille, tout ça n'a pas lieu d'être, tout ça va être réglé par quelques coups de matraques et quelques gaz lacrymogènes. Voilà la réalité" a-t-il lancé.

"Deux poids deux mesures" dénonce Villepin

Invité sur Europe 1 dimanche matin, Dominique de Villepin a établi un parallèle entre l'attitude du président Nicolas Sarkozy avec les policiers et les magistrats et les vacances tunisiennes controversées de Michèle Alliot-Marie, estimant que cela donnait "un sentiment d'injustice" et d'un "deux poids deux mesures".

A l’UMP, seul le sénateur UMP Alain Fouché s’est désolidarisé de la ministre, estimant que "la morale républicaine avait été gravement offensée", comme "la réputation d'indépendance" de la politique étrangère de la France. A l’inverse, le député UMP Patrick Devedjian a estimé dimanche que "la chasse à l'homme" dont serait victime Michèle Alliot-Marie en raison de ses vacances tunisiennes était un "moyen" de "se donner bonne conscience" après des "années de complaisance" en faveur du régime Ben Ali.