Affaire Cahuzac : Courson agace le PS

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Affaire Cahuzac : Courson agace le PS
Certains socialistes accusent Charles de Courson d'utiliser la commission Cahzac à des fins personnelles.@ MAXPPP
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Les certitudes du centriste, président de la commission d’enquête parlementaire, sur le rôle de Hollande agacent.

La phrase qui fâche. "Nous avons les preuves que le président a été parfaitement informé". Charles de Courson, président centriste de la commission d’enquête parlementaire sur l'affaire Cahuzac, n’a pas vraiment pris de précautions au moment d’évoquer le degré de connaissance de François Hollande de la fraude fiscale de Jérôme Cahuzac. "Je dis que le président, entre le 4 et le 18 décembre, a l'ensemble des informations lui permettant de se rendre compte que des preuves graves, selon lesquelles Jérôme Cahuzac détenait un compte en Suisse, existent", a accusé mercredi le député UDI sur France 2. Des affirmations que n’ont pas franchement appréciées les socialistes.



"Il cherche à se faire un nom". Pour François Rebsamen, le président de la commission Cahuzac se sert de son titre pour acquérir de la notoriété. "M. De Courson cherche à se faire un nom, à se faire de la publicité, à se faire connaître. C'est une commission d'enquête qu'il préside, pas une commission d'interprétation. Quand on avance des choses, il faut avoir des preuves", a pesté le sénateur-maire de Dijon jeudi matin sur Europe 1.

"Qu’on arrête d’instrumentaliser" la commission. Même agacement palpable chez Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole du gouvernement. "Je suis assez surprise de la façon dont se comporte M. de Courson dans cette affaire", a affirmé la ministre des Droits des femmes sur France 2.  "Voir M. de Courson courir (...) les plateaux de télévision pour commenter ce travail ne me paraît pas de bon aloi parce que je pense qu'il faut respecter les règles de cette commission", a-t-elle ajouté, rappelant le caractère "collégial" des investigations menées par les députés. Le président de la commission d'enquête "aurait pu éviter d'aller distiller des doutes, des soupçons, des présupposés ici ou là", notamment sur l'action du chef de l'Etat dans cette affaire, a insisté Najat Vallaud-Belkacem.

"Qu'il donne cette preuve". Bruno Le Roux a pour sa part invité Charles de Courson à livrer la preuve dont il parle, alors que le patron des députés PS estime n'avoir "vu absolument aucune preuve" au cours de ces auditions. "Donc, M. de Courson me semble aujourd'hui en situation (...) de dire des choses très graves : soit il a une preuve qui n'est pas connue de la commission et il la donne, soit il a vu la même chose que moi et il n'a aucune preuve", a résumé le député de Seine-Saint-Denis.



Affaire Cahuzac : "Que de Courson donne sa preuve"par LeNouvelObservateur

Le rapporteur de la commission pas d’accord non plus. Etrangement, le rapporteur de la commission d’enquête, le socialiste Alain Claeys, n’est pas lui non plus d’accord avec le président de Courson. "Aucun élément en possession de la commission ne peut justifier une telle affirmation", a rétorqué le député de la Vienne. "Sans préjuger des conclusions de notre commission d'enquête, on peut dire dès à présent qu'aucune intervention des services de l'Etat n'est venue entraver l'action de la justice", a encore assuré Alain Claeys. Les prochaines auditions de la commission, dont celle de Jérôme Cahuzac, sans doute mardi, pourraient bien être tendues.