Affaire Bygmalion : "Sarkozy se tient à distance du chaudron"

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 L'INFO POLITIQUE - L'étau se resserre autour de la garde rapprochée de l'ancien président. Au sein de la Sarkozie, on fait mine de ne pas s'affoler.

Jérôme Lavrilleux mouille la Sarkozie. L'ancien directeur adjoint de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy refuse de chuter seul dans l'affaire Bygmalion. Lors de sa garde à vue, mardi, Jérôme Lavrilleux a encore un peu plus "chargé" la garde rapprochée de l'ancien président, notamment son supérieur hiérachique de l'époque, Guillaume Lambert.

"On galérait pour commander un taxi". Au sein de la Sarkozie, on fait mine de ne pas s'affoler. En minimisant la portée des informations parues dans la presse. Les 17 millions d'euros que l'UMP aurait dissimulés, les nouvelles accusations de Jérôme Lavrilleux ? Pas notre affaire, répondent en substance les sarkozystes. "Peu importe l’avalanche de déclarations, d’accusations, le camp Sarko se braque quand on raconte l'affaire", raconte l'éditorialiste politique d'Europe 1 Caroline Roux. Une campagne qui dérape à hauteur de 17 millions d'euros ? Impensable !, assure t-on encore au sein de la garde rapprochée de l'ancien président. "Pendant la campagne, on galérait pour commander un taxi",  assure une petite main de l’époque comme pour faire preuve de sa bonne foi.

Charger tout le monde ou presque. Les responsables sont désignés par la Sarkozie : les hommes de Bygmalion, d'abord, qui "se sont entendus pour charger la campagne et qui ont surfacturé des prestations", Jérôme Lavrilleux ensuite, qu'un fidèle de l'ancien président range dans la catégorie "en perdition". L’UMP, enfin, accusée d’avoir eu la haute main sur toute l’organisation de la campagne. "Et après avoir tapé sur la justice pendant des années, voilà que la Sarkozie se met à expliquer qu’il faut faire confiance aux juges pour qu’ils établissent la vérité", résume Caroline Roux.

Un cordon sanitaire autour de Sarkozy. Toujours pour laisser croire que cette affaire Bygmalion n'est pas son affaire, l'ancien chef de l'Etat n'a rien changé dans son agenda ni dans ses habitudes. Il était lundi en Italie, mercredi à Monaco pour une conférence, jeudi à Barcelone pour un concert de sa femme. "Il se tient à distance du chaudron", souligne l'un de ses fidèles. "Il n’a rien changé à son calendrier, il prendra sa décision à la rentrée", assure encore ce même proche, quant à une candidature à la présidence de l'UMP. L'affaire Bygmalion change t-elle quelque chose ? "Cette affaire ne le concerne pas, Nicolas Sarkozy n’est pas mis en cause personnellement et ne le sera jamais", répètent en boucle ses proches. L'audition de son ancien directeur de campagne Guillaume Lambert, qui devrait avoir lieu dans les prochaines semaines, pourrait changer la donne.

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