Affaire Bruno Le Roux : pour Anticor, "c'est à la limite de la prise illégale d’intérêts"

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Le président de l'association Anticor, qui lutte contre la corruption, dénonce des méthodes "choquantes" après les révélations de Quotidien sur l'emploi des filles de Bruno Le Roux à l'Assemblée nationale. 

INTERVIEW

Le cas de Bruno Le Roux "se rapproche beaucoup" de celui de François Fillon. Sur Europe 1 mardi midi, Jean-Christophe Picard, le président de l'association Anticor, qui lutte contre la corruption, a dénoncé "de forts soupçons d'emplois fictifs" après les révélations de Quotidien. L'émission de TMC affirme que l'actuel ministre de l'Intérieur a employé ses filles en CDD à plusieurs reprises, alors qu'elles étaient lycéennes puis étudiantes, entre 2009 et 2016, pour un montant total de quelque 55.000 euros. Elles n'avaient, lors des premiers contrats, que 15-16 ans. 

Des "emplois de complaisance", au minimum. "Le problème n'est pas seulement l'âge des filles, mais aussi qu'elles faisaient autre chose. Elles n'étaient pas toujours présentes puisqu'il y en a une qui était au lycée, et l'autre en stage", dénonce le président d'Anticor. En effet, l'un de ces CDD aurait été effectué par l'aînée à l'été 2013, soit au même moment qu’un stage chez Yves Rocher à Tournai, en Belgique. Un autre contrat, cette fois au nom de la benjamine, est daté du 20 avril au 20 mai 2015, alors que l’intéressée est encore scolarisée en classe préparatoire. "Si ce ne sont pas des emplois fictifs, ce sont des emplois de complaisance. Dans tous les cas, ça reste choquant", affirme Jean-Christophe Picard. "Pour nous, c'est à la limite de la prise illégale d'intérêts. Il faut rappeler que le crédit collaborateur n'a pas vocation à donner de l'argent de poche à ses enfants", s'agace le président d'Anticor.

55.000 euros pour des "boulots d'été". À Quotidien, Bruno Le Roux s'était défendu des soupçons d’emplois fictifs en expliquant qu’il ne s'agissait que de "boulots d’été". "Normalement, quand on fait un boulot d’été, on n'est pas forcément payé 55.000 euros. Et si on voulait vraiment leur montrer ce qu'était le travail, on n'était pas non plus obligés de les rémunérer. C'est quand même bizarre de recruter des gens qui ne sont pas sur place", dénonce Jean-Christophe Picard. "On demande l'interdiction pure et simple des recrutements familiaux, ça crée trop d’abus", assure Jean-Christophe Picard.

Pour l'ouverture d'une enquête par le PNF. Désormais, le maintien de Bruno Le Roux place Beauvau est plus que jamais remis en question. "Dans un pays scandinave, Bruno Le Roux aurait démissionné. En France, il peut être candidat à la présidence", ironise le président d'Anticor, dans une allusion directe au candidat LR François Fillon. "J'espère que le Parquet national financier (PNF) ouvrira une enquête très rapidement". Pour l'heure, le PNF "étudie les éléments révélés par la presse", a indiqué une source judiciaire, mardi midi.