Commission d'enquête sur l'affaire Benalla : Retailleau demande "au pouvoir de respecter les contre-pouvoirs"

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Pour le sénateur Les Républicains, les prises de parole successives des membres du gouvernement pour critiquer la commission d'enquête sénatoriale sur l'affaire Benalla révèlent une fébrilité "contre-productive".

INTERVIEW

Ils sont nombreux à avoir donné leur avis, généralement tranchant et très critique. Christophe Castaner, Benjamin Griveaux comme Nicole Belloubet, à plusieurs reprises, ont pourfendu la commission d'enquête du Sénat sur l'affaire Benalla, estimant qu'elle tournait à l'instrumentalisation politique. "Je ne comprends absolument pas l'hystérie qui est celle du pouvoir en place", a répondu Bruno Retailleau, sénateur LR, dans Le Grand Rendez-Vous d'Europe 1 dimanche. "On a même désigné Philippe Bas [le président de la commission d'enquête du Sénat] comme étant une menace de la République." Et l'élu de glisser un trait d'humour : "laisser penser, quand on connait bien Philippe Bas, qu'il constituerait une menace pour la République, c'est comme accuser Gérard Larcher [grand amateur de chasse, NDLR] d'être un danger pour les chasseurs."

"Incompréhensible" et "très maladroit". Selon l'élu de droite, cette agitation, "c'est contre-productif". Alors que "la commission d'enquête fait un travail silencieux, ne communique pas, [les membres du gouvernement] donnent une résonance" à ces travaux, en ne cessant de les critiquer. Par ailleurs, un argument a été dit et répété du côté de l'exécutif : Alexandre Benalla aurait agi seul, ce n'est qu'une dérive personnelle. Pour Bruno Retailleau, les multiples prises de parole en faveur de l'ancien collaborateur élyséen donnent une autre impression, celle que son destin est lié à celui d'Emmanuel Macron. "Qu'ont-ils à gagner ? C'est incompréhensible, c'est très maladroit", s'est étonné le sénateur.

Le Sénat "respectueux" de la séparation des pouvoirs. Ce proche de François Fillon a également tenu à rappeler que le Sénat était conscient et "respectueux" de la séparation des pouvoirs, que ce soit avec le judiciaire ou avec l'exécutif. "Ce n'est pas la première fois que des gens qui font l'objet de poursuites judiciaires sont présentés devant une commission d'enquête", a-t-il fait valoir. "Le commissaire Creusat, par exemple." Entendu mercredi dernier, Maxence Creusat est poursuivi pour avoir récupéré illégalement et transmis des images de la vidéosurveillance à Alexandre Benalla. "Je n'ai pas vu tant de ministres se mobiliser pour sa cause", a noté Bruno Retailleau. 

Quant à l'autre séparation des pouvoirs, entre le législatif et l'exécutif, il n'y a rien à craindre non plus, estime le sénateur. "Là encore, il y a eu beaucoup de précédents", notamment les auditions de nombreux membres du staff élyséen, comme Alexis Kohler, secrétaire général du Palais. "Je demande au pouvoir de respecter les contre-pouvoirs", a conclu Bruno Retailleau.