Adoubé par François Bayrou, Emmanuel Macron devient l'héritier du centrisme

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En s'alliant à Emmanuel Macron, mercredi, François Bayrou lui transmet l'héritage encore vivant de la famille centriste. Un atout pour se qualifier au second tour.

L'ÉDITO POLITIQUE

C'est bien plus qu'une simple alliance. Grâce à l'accord établi avec François Bayrou, mercredi, Emmanuel Macron se voit désormais lesté de l'héritage centriste, lequel permet au leader d'En marche ! de s'inscrire dans un récit historique qui lui manquait. Car François Bayrou est le dernier représentant de la lignée prestigieuse de l’UDF fondée en 1978 autour de Valéry Giscard d’Estaing. Cela fait d’autant plus sens que VGE fait aujourd’hui figure d'exemple pour Emmanuel Macron : l'ancien président de la République incarnait le renouveau et la rupture tant voulus par l'ancien locataire de Bercy.

Le centrisme n'a pas disparu. Évidemment, le MoDem est loin de la puissance électorale qu’a représenté l’UDF, qui comptait jusqu’à 213 députés en 1993. Éclaté, le courant de pensée centriste n’a pas disparu pour autant. L’ambition d’Emmanuel Macron est de le faire revivre sous la forme d’une alliance des progressistes de droite et de gauche. Mercredi, François Bayrou lui a reconnu de cet objectif.

Nouvelle dynamique côté Macron. Le soutien de François Bayrou est un atout indéniable pour Emmanuel Macron. Décisif ? Personne ne peut donner le résultat du match avant le coup de sifflet final, mais cette alliance relance une dynamique côté Macron, enrayée depuis quelques jours et des déclarations erratiques sur la Manif pour tous ou sur la colonisation. On sentait une fébrilité et une agressivité à l’endroit des journalistes ; c’est toujours un bon indicateur pour jauger la confiance d'un candidat. Tout se joue aussi dans la forme : bien mis en scène, le ralliement du leader du MoDem a réussi son effet de surprise.

Pas d'effet blast. Ce petit effet boost n'est pourtant pas un effet blast, comme l'espérait Nicolas Sarkozy lorsqu'il s'est déclaré candidat à la primaire de la droite en août 2016. Rappelons que la dernière personnalité que François Bayrou a soutenu dans la course à la présidentielle était Alain Juppé, favori battu par François Bayrou de la primaire de la droite. La soif de renouvellement et de rupture des Français devrait également relativiser la place et le rôle de François Bayrou dans la campagne d’Emmanuel Macron. Son expérience, ses conseils et la caution historique seront certes utiles, cela n'en fait pas automatiquement une tête d’affiche. Le lustre de la star Emmanuel Macron pourrait même s'affadir.