A gauche, haro sur Mélenchon

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A gauche, haro sur Mélenchon
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ÉDITO - Le leader du Front de gauche a été attaqué par un ministre.

Contexte. Ce week-end, François Lamy, ministre de la Ville, a sonné la charge contre Jean-Luc Mélenchon, lui reprochant d’avoir "choisi une voie qui est celle de l'échec de la gauche." Depuis l’accession au pouvoir de François Hollande, le tribun du Front de gauche n’a en effet de cesse de critiquer l’action du gouvernement. Jusque ici, ses anciens camarades socialistes se refusaient à le critiquer frontalement. Une tolérance qui a vécu.

>> Pour Caroline Roux, éditorialiste politique d’Europe 1, "l’indifférence devant les formules assassines du tribun, c’est terminé".



Le PS ne croit plus en Mélenchonpar Europe1fr

François Lamy Reuters

© Reuters

Le problème FN. Le leader du Front de gauche en a fait une de ses priorités : faire reculer le Front national. C’est pour cette raison que le leader du Front de gauche s’était lancé à Hénin-Beaumont aux élections législatives de juin 2012. Un échec cuisant. "Il n’a pas gratté une voix au Front national, que ce soit à la présidentielle, aux législatives, ou dans les récentes partielles", a donc taclé François Lamy (photo). Car à gauche, on a bien compris - grâce notamment à l’élection législative partielle du Lot-et-Garonne -, que les déçus de la majorité n’hésitaient plus, désormais, à rejoindre les rangs du FN plutôt qu’à gonfler ceux de l’extrême-gauche mélenchoniste 

Les municipales inquiètent la majorité. La majorité commence à tirer les leçons de ces échecs répétés lors de ces législatives partielles. Lundi, François Hollande a même tiré la sonnette d’alarme en vue des élections municipales, appelant la majorité, dans un entretien à Ouest France, à "partir rassemblée". Les écologistes sont évidemment visés par le président. Mais aussi Jean-Luc Mélenchon, qui est le principal obstacle à la constitution  d’alliances "à l’ancienne." Ses alliés communistes, eux, sont en effet prêts à des sacrifices afin de conserver leurs bastions aux municipales. Pas le leader du Front de gauche, qui plaide "pour un coup de balai."

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Les limites de la stratégie Mélenchon. Alors que la crise inquiète chaque jour un peu plus les Français, le tribun, lui, lance des appels à la révolution citoyenne, au désordre, à l’instabilité, et promet des lendemains sombres pour le pays. Un catastrophisme pas franchement rassurant. Un discours que ne renierait pas… Olivier Besancenot, le leader du Nouveau parti anticapitaliste (NPA). Mais si Jean-Luc Mélenchon - qui sait les communistes dragués par le PS - poursuit sur cette ligne politique, il risque de se retrouver bien seul.