A Colombey, on s'agace de la récupération politique de De Gaulle

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A Colombey, on s'agace de la récupération politique de De Gaulle
@ JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP
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Pour les 45 ans de la mort du premier résistant, de nombreux politiques, de tous bords, seront présents pour les cérémonies d'hommage.

On célèbre ce lundi les 45 ans de la mort du général de Gaulle. Plusieurs cérémonies d'hommage sont prévues dans son village de Colombey-les-Deux-Eglises en Haute Marne. Des personnalités de gauche, de droite mais aussi d'extrême droite feront le déplacement, en pleine campagne des régionales, ce qui n'est sans doute pas un hasard. Sur place, où s'est rendu un reporter d'Europe 1, on dénonce une tentative de récupération.

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Sarkozy, Morano, Philippot… Tout le village entretient la mémoire du général de Gaulle et l'imaginer en bouée de secours ou en valeur refuge pour politiques - de la gauche à l'extrême droite -, ça a du mal à passer. De Gaulle s'est notamment retrouvé plongé au cœur de "l'affaire Morano", l'eurodéputée allant jusqu'à se recueillir sur sa tombe car "pour aucune fonction,  [elle] ne renierai[t] le Général de Gaulle !". Le père de la résistance a également été cité par Nicolas Sarkozy, sans oublier Florian Philippot, vice-président du Front national, qui lui aussi vient de temps en temps à Colombey-les-Deux-Eglises témoigner de son respect au général, "un exemple pour [lui], une référence absolue pour [son] engagement politique".

"Ça ne rime à rien. Il faut qu'ils arrêtent leur cinéma". Pour les habitants de Colombey, tout ceci n'est que récupération politique et on redoute déjà les cérémonies d'hommage qui auront lieu dans la journée. "Ils vont se battre dans l'arène ? Y en a qui n'ont rien à faire là ! C'est pour se faire voir, comme celle qui est venue cet été… (Nadine Morano, ndlr)", estime Marie-Claire, pour qui "ça ne rime à rien. Il faut qu'ils arrêtent leur cinéma".

"Récupérer le nom de De Gaulle, ça m'énerve". Eric, qui vit lui aussi à Colombey-les-Deux-Eglises, ne dit pas autre chose : "ils espèrent se servir du général de Gaulle pour les élections qu'il y a dans un mois, point. Ils peuvent reprendre ce qu'ils veulent, mais ils ne seront jamais à sa hauteur. Récupérer le nom de De Gaulle, ça m'énerve. Je les regarderai passer de loin".

De loin, Eric verra notamment la maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo, le président du Sénat, Gérard Larcher (LR), Florian Philippot, le bras droit de Marine Le Pen ou encore le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan.