À Berlin, Philippe défend les réformes de son gouvernement "germanophile"

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À Berlin, Philippe défend les réformes de son gouvernement "germanophile"
Le Premier ministre français a rencontré la chancelière Angela Merkel à la mi-journée.@ John MACDOUGALL / AFP
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En visite en Allemagne, Édouard Philippe a défendu le "changement de stratégie" de l’exécutif en matière de politique intérieure mais aussi vis à vis de l'Europe.

Le gouvernement français est "germanophile", a assuré vendredi le Premier ministre Édouard Philippe au début de sa première visite en Allemagne, en présentant et défendant les réformes menées par l'exécutif. Germanophone, avec un niveau honorable hérité de trois ans passés à Bonn à la fin de son adolescence, le Premier ministre a commencé son discours pendant plusieurs minutes en allemand, citant Schiller et Goethe.

"Je vais vous parler en allemand". "Je vais faire quelque chose qu'aucun homme politique français ne devrait faire : je vais vous parler en allemand", a-t-il plaisanté, alors que les critiques contre la politique économique du voisin allemand sont fréquentes en France. "En tant que responsable politique, je suis assurément un partisan de l'Europe mais je suis avant tout un partisan de la relation franco-allemande. Devant vous se tient un Premier ministre qui dirige un gouvernement germanophile", a-t-il dit, toujours un allemand.

Un "changement de stratégie". Devant un auditoire composé de membres des milieux économiques et de "leaders d'opinion" allemands, Édouard Philippe est ensuite repassé au français pour détailler et défendre les principales réformes menées par l'exécutif : réduction du déficit public et des dépenses publiques, baisses d'impôt, réforme du droit du travail et baisse du coût du travail.

Évoquant les "rendez-vous manqués" par la France ces dernières années, il a défendu le "changement de stratégie" et de "méthode" que porte selon lui le nouvel exécutif dirigé par Emmanuel Macron. "L'Allemagne, l'Italie, l'Espagne, tous nos partenaires ont besoin d'une France forte. L'attente est immense donc. Elle est légitime. Elle est suffisamment pressante pour qu'on change de stratégie. De méthode aussi", a-t-il plaidé.

Un plan de route le 26 novembre. Le Premier ministre français devait rencontrer à la mi-journée la chancelière Angela Merkel, en fin de campagne pour un très probable quatrième mandat. Un des objectifs de son déplacement est de convaincre l'Allemagne que la France va mener à bien ses réformes et respecter ses engagements budgétaires, mais aussi préparer le terrain aux propositions françaises pour "refonder" l'Union européenne qu'Emmanuel Macron doit détailler le 26 septembre, deux jours après les élections législatives allemandes. "Vous avez devant vous un rendez-vous électoral important. Il faut évidemment le respecter. Ensuite seulement, nous pourrons rebâtir un projet européen robuste", a dit l'ancien maire LR du Havre.