Jean-Claude Mailly : "l'objectif de Macron est de dégrader la situation des salariés"

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Le secrétaire général de Force ouvrière s'en est pris à Emmanuel Macron, au sujet du débat sur les 35 heures. 

INTERVIEW

Emmanuel Macron récidive. Les 35 heures, il n'en veut plus. Devant la presse étrangère vendredi au Forum économique mondial de Davos en Suisse, le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, s'est à nouveau attaqué à sa cible favorite. Il estime que les salariés doivent pouvoir travailler plus, sans pour autant gagner plus. Le projet de réforme du temps de travail, annoncé lundi par François Hollande permet, selon Emmanuel Macron, de "signer des accords qui autorisent les entreprises à ne verser aucune compensation pour les heures supplémentaires". Alors qu'elles sont aujourd'hui, majorées de 10% au minimum. Pour Emmanuel Macron, c'est donc, de fait, la fin des 35 heures.

Une proposition inacceptable. La fin des 35 heures est "inacceptable" pour Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de Force Ouvrière. Invité d'Europe 1, il s'est inquiété du plan proposé par Emmanuel Macron, "si le plan du président et d'Emmanuel Macron passe, ça signifie bien la fin des 35 heures. Cela voudra dire qu'un salarié pourra faire des heures supplémentaires sans qu'elles soient rémunérées, sans aucune majoration". Une proposition qui n'a pas d'autres objectifs, selon Jean-Claude Mailly, que de dégrader la situation des salariés, "l'objectif, c'est de dégrader la situation des salariés. C'est un biais pour remettre en cause des droits et d'une certaine manière, on accroît les inégalités entre les salariés. Emmanuel Macron a une vision un peu particulière du dialogue social. C'est toujours moins pour les salariés" a-t-il affirmé sur notre antenne. 

Entendu sur Europe 1
Emmanuel Macron a une vision un peu particulière du dialogue social. C'est toujours moins pour les salariés

"Manuel Valls doit agir". Pour Jean-Claude Mailly, "ce serait bien que le Premier ministre clarifie les choses. Et puis, il y a le ministère du Travail qui existe également dans le gouvernement", s'insurge-t-il avant d'ajouter, "je rappelle qu'historiquement, les salariés se sont payés les 35 heures, donc ce n'est pas acceptable. On est en train de remettre en cause ce qui est une caractéristique des relations sociales en France".

La fin des 35 heures. Vendredi au Forum de Davos, la petite phrase d'Emmanuel Macron a en effet fait grincer quelques dents. Le ministre de l'Economie s'en est à nouveau pris aux 35 heures estimant que les salariés doivent pouvoir travailler plus, sans être payés plus "si les syndicats majoritaires sont d'accord". Emmanuel Macron a donc proposé des heures supplémentaires sans bonus en cas d'accord majoritaire, ce qui signe "de facto"  dit-il, la fin des 35 heures. "Le point crucial n'est pas de tuer la loi, mais de prouver son efficacité et de l'adapter à l'entreprise" a-t-il expliqué. Une petite phrase qui fait écho aux propos de François Hollande. Lundi, lors de la présentation de ses mesures pour l'emploi, le chef de l'Etat avait expliqué "que les accords d'entreprise pourront fixer les modalités d'organisation du temps de travail".