2e débat PS : à chaque candidat sa stratégie

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2e débat PS : à chaque candidat sa stratégie
Primaire PS : le deuxième débat télévisé s'annonce plus musclé@ REUTERS
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Crise, emploi, retraites : les candidats de la primaire PS débattent une nouvelle fois, mercredi.

Rendez-vous, mercredi soir, 18 heures, pour la deuxième manche. Après un premier débat sur France 2, les six candidats à la primaire socialiste se retrouvent pour une nouvelle confrontation de deux heures sur i-Télé et Europe 1, quelques jours seulement après une victoire historique de la gauche au Sénat.

Si, depuis la première manche, il n'y a pas eu d'accrochages "frontaux", la compétition s'est un peu tendue, notamment autour des déclarations de Dominique Strauss-Kahn reconnaissant l’existence d’un pacte, entre lui et Martine Aubry. Dans ce contexte, sur quoi misent les candidats ? Réponse au cas par cas.

LES FAVORIS

Hollande gère le peloton - "Comme en cyclisme, en bon leader, l'élu de Corrèze gère la course", analyse sur Europe1.fr Frédéric Dabi, directeur du département Opinion de l'Ifop. "Comme pour le premier débat, il faudra au favori des sondages éviter les faux pas", poursuit-il. Lors de la première manche, François Hollande "avait alors su casser son image - on lui reproche souvent une certaine mollesse - en allant chercher les autres candidats sur les questions du nucléaire et en bousculant les journalistes sur les chiffres". Pour cette seconde confrontation, il devra aller dans le même sens, tout en donnant des gages à la gauche de la gauche, qui constituera le gros des électeurs de la primaire.

Aubry joue sa qualif’ pour le second tour - Pas d’erreur lors du premier débat pour la maire de Lille, "elle est apparue crédible", note Frédéric Dabi. Toute l’enjeu de cette deuxième manche sera, pour elle, de régler "son problème de positionnement". Depuis les déclarations de Dominique Strauss-Kahn sur l’existence d’un pacte, elle fait, en effet, figure de candidate de substitution. "Toutefois son image reste très bonne à gauche. Si dans l’opinion, François Hollande apparaît comme le mieux placé pour battre Nicolas Sarkozy, elle est, à leurs yeux, celle qui incarne le mieux les valeurs du PS. Elle jouera donc, mercredi soir, sa présence au second tour", qui lui est presque acquise, tempère le politologue. Pour cela, Martine Aubry devra dégager une vision claire pour 2012 et profiter des erreurs de François Hollande.

LES OUTSIDERS 



Royal doit se montrer pugnace - "Ségolène Royal réalise toujours de bons scores dans certaines catégories de l’électorat : les jeunes, les populations défavorisées. Mais le premier débat a été difficile pour elle", analyse Frédéric Dabi. Après quelques piques lancées en direction de ses adversaires, c’est une Ségolène Royal pugnace qui était attendue. Or, "elle est apparue en-dedans, voire trop discrète", note le sondeur. L’objectif de Ségolène Royal sera donc de renverser la vapeur. Son porte-parole, Guillaume Garot, a annoncé qu’elle s’emploierait surtout "à être toujours dans l'explication de ses solutions pour redresser la France et répondre aux préoccupations des Français".

Montebourg et Valls bataillent pour la notoriété - "Chacun de leur côté, les deux outsiders de la primaire PS se sont distingués lors du premier débat. Arnaud Montebourg en bataillant sur la mondialisation, Manuel Valls en sur-jouant le discours réalité. Les deux socialistes 'ne jouent pas vraiment la gagne’. Ils cherchent plutôt à remporter la bataille de la notoriété", explique encore le politologue argumentant : dans le baromètre Ifop de septembre dernier, respectivement 26 et 25% des sondés ne les connaissaient pas". Reste donc du travail, mercredi soir, pour les deux jeunes loups de la primaire PS.

Baylet joue la différenciation - A la différence des autres candidats, Jean-Michel Baylet, seul non-socialiste de la primaire, parle avec un accent et s’habille différemment. Dans le look ou sur les questions sociétales - notamment lorsqu’il a évoqué la position de son parti, le PRG, sur le cannabis -, il a su monter qu’il était à part. Jeudi soir, celui qui n’est toujours pas comptabilisé dans les baromètres de popularité essaiera encore de se faire connaître.