2012 : Mélenchon se voit au second tour
Jean-Luc Mélenchon, invité du Grand Rendez-vous sur Europe 1 © Europe 1

Le candidat du Front de gauche s'est aussi opposé dimanche à toute "remise en cause du bac".

Adoubé il y a une semaine par le PCF, le candidat officiel du Front de gauche Jean-Luc Mélenchon s'y voit déjà : "je suis partisan de gouverner ce pays", a-t-il affirmé dimanche, lors du Grand Rendez-vous Europe 1 / Le Parisien -Aujourd’hui en France. A la question de savoir s'il serait prêt à être ministre d'un gouvernement socialiste, il a répondu : "je ne serai pas ministre d’un gouvernement que je ne dirige pas". Et de retourner l'interrogation : "si j'arrive en tête devant les socialistes, j'espère qu'ils viendront dans mon gouvernement".

"Marine Le Pen a capitulé"

Jean-Luc Mélenchon estime qu'il pourrait bien se retrouver au second tour de la présidentielle, contre Marine Le Pen, qui aurait "éliminé Nicolas Sarkozy". Il a d'ailleurs fustigé le sondage de l'institut Harris Interactive, publié début juin, selon lequel en cas de duel Sarkozy-Le Pen, 64% de ses électeurs voteraient FN. Insistant sur ses différences avec la patronne frontiste, le candidat du Front de gauche a jugé que l'étude est une "foutaise", et avait "au moins autant d'utilité que Paul Le Poulpe". "Je vois bien qu’il y a une bonne société qui aimerait bien mettre dans le même sac tous les extrêmes", a-t-il taclé.

Il a alors mis en avant son opposition avec le FN, sur la question des salaires : "Marine Le Pen est contre l'augmentation du Smic", et sur l'Europe : "Marine Le Pen a capitulé", pour elle, "en Europe les Français c'est rien ça compte pas, alors on ferme les frontières, on se replie sur nous".

Le Front de gauche, en revanche, selon son candidat, est "le camp qui ne capitule pas. L’Europe est à nous, l’euro est à nous" :


Mélenchon refuse toute "remise en cause du bac"

S'imaginant à la tête de l'Etat, Jean-Luc Mélenchon "réparerait les dégâts commis par la bande d’amateurs aujourd'hui à la tête du pouvoir". En faisant des "économies de plus en plus folles", "ils ont ruiné tout un système", a-t-il déploré. Il a d'ailleurs refusé "toute remise en cause du bac", suite à la fuite d'un exercice du bac S.

Qu'on "arrête de donner à cet événement une signification extraordinaire" :


"Ça suffit avec le déclinisme, ça suffit de dire du mal du pays et d’une de ses plus belles organisations, qui est l’Education nationale", s'est-il exclamé.

Les Français, "petits caniches d'Obama"

Concernant ses propositions économiques, le candidat Mélenchon s'est à nouveau prononcé en faveur d'un "salaire minimum européen", ainsi que pour "une dévaluation de l'euro", afin d'"augmenter la croissance". Il a par ailleurs souhaité la mise en place d'un "salaire maximum", se satisfaisant de la volonté du PS d'encadrer les salaires, et de la possibilité, évoquée par François Fillon, de surtaxer les entreprises qui proposent des salaires exorbitants à leurs dirigeants. "Lorsque nous avons proposé le salaire maximum, je me faisais traiter de bolchevik échevelé (...) petit à petit, les idées font leur chemin".

Enfin, sur la politique étrangère française, Jean-Luc Mélenchon a jugé "humiliant" le retrait annoncé des soldats français, même s'il y est favorable.

Les Français sont "les petits caniches d’Obama" :


Selon le candidat du Front de gauche, le retrait, décidé après les Etats-Unis, révèle "l'absurdité" de la participation française à l'Otan.